Dix-sept autres prévenus sont rejugés en compagnie du boxeur pour des faits de home-invasions et de trafic de stupéfiants, perpétrés en Hainaut et dans le Brabant wallon, entre 2015 et 2017. Sont notamment rejugés à la suite de l'appel du ministère public: Farid Hakimi condamné d'une peine de 14 ans de prison; Pascal Faedda, condamné à une peine de 4 ans de prison ferme pour un vol avec violence en état de récidive; Mohamed Benaouane, condamné d'une peine de 9 ans de prison ferme; Vaeceslav Rogac condamné à une peine de six mois de prison avec sursis pour destruction du mobilier dans sa cellule mais acquitté pour les faits de grand banditisme; Rachid Toto et Aziz Ali qui furent acquittés; Kabongo Lufu, condamné à une peine de 4 ans de prison ferme pour un vol avec violence en état de récidive et Mohamed Mokhtari, condamné par défaut à une peine de 3 ans de prison ferme. Marwan Hammouda, qui a bénéficié de l'irrecevabilité des poursuites en raison de la liaison entre le chef d'enquête et sa compagne, sera aussi rejugé.

Dans le prétoire, il y a toujours autant de policiers, notamment pour encadrer les détenus, mais beaucoup moins de journalistes. L'ancien animateur de RTL TVI, Stéphane Pauwels, condamné d'une peine de trente mois avec sursis pour le vol avec violence commis en mars 2017 à Lasne et pour détention de cocaïne, n'a pas fait appel du jugement et n'a pas fait l'objet d'un appel du ministère public.

Le procès est présidé par Brieuc Pestiau, conseiller à la cour d'appel, alors que Julien Moinil représente le parquet fédéral, comme en Première instance.

Notons qu'un détenu fait défaut en raison d'une suspicion Covid.

Le procureur fédéral se désiste sur certains griefs d'appel

Dans les trente jours qui ont suivi le prononcé du jugement, le 30 octobre dernier, le procureur fédéral a fait appel "à titre conservatoire" dans le cadre de l'affaire Hakimi. Lundi, lors du premier jour du procès en appel, le procureur fédéral a fait un nettoyage, se désistant sur certains points dans lequel il avait fait appel. Ainsi, plusieurs acquittements prononcés en faveur de Farid Hakimi doivent être reconnus définitifs pour l'accusation. Le procureur a fait la même chose pour d'autres prévenus.

Par contre, il demandera des confiscations plus importantes et l'interdiction de droits civiques pour certains prévenus, dont Farid Hakimi.

Le procureur fédéral maintient son appel contre l'irrecevabilité des poursuites déclarées en faveur de Marwane Hamoudda, dont la compagne avait eu une relation avec le chef d'enquête. La défense de Farid Hakimi estime que le boxeur aurait dû bénéficier de la même mesure car la majorité des procès-verbaux contenu dans le dossier répressif a été rédigée par le chef d'enquête.

Après ce "nettoyage" au sujet des griefs d'appel, le procureur fédéral pourra entamer son réquisitoire.

Depuis la loi Pot Pourri, les appelants doivent mentionner des griefs dans leur acte d'appel, ce qui n'était pas le cas auparavant. Compte tenu du volume du dossier, de ses différents volets, du nombre de prévenus et de parties civiles, du délai très court, le procureur fédéral avait fait appel sur la majorité des acquittements prononcés par le tribunal. Entre la fin du délai d'appel et le début du procès en appel, le procureur fédéral a pu opérer un nettoyage, ce qui devrait alléger les débats, répartis en dix audiences.