Le procès Hakimi/Pauwels s'est poursuivi ce vendredi. L'audience a démarré peu après 9 h avec la plaidoirie de l'avocat d'un des protagonistes du dossier, Zacharie D'Adamo, revenu sur ses aveux en début de semaine. Il conteste désormais tout.

Après cette plaidoirie, c'est Sven Mary qui prend la parole. L'avocat de Stéphane Pauwels commence avec "tout le mépris qu'il porte à une certaine presse". "Je ne me fiche aucunement de la médiatisation parce qu'une certaine médiatisation a été injuste et racoleuse", démarre Sven Mary. "On a fait de cet homme une bête de foire". Sven Mary estime que certains attendent la mise à mort de son client, ce qui, dit-il, le fait "gerber".

"Mon échauffement est terminé et j'entame à présent le vif du sujet", poursuit Sven Mary, visiblement très énervé par certains titres consacrés à son client.

"L'année 2016, Stéphane Pauwels vit sa rupture avec Caroline Fontenoy"

Il aborde les éléments de personnalité de son client. "L'année 2016 est cruciale pour Stéphane Pauwels. Cette année-là, il subit sa rupture avec Caroline Fontenoy, star du journal télévisé". Sven Mary rappelle qu'à l'époque, son client est alors une vedette de la télé et qu'il gagne pas loin de 20.000 euros par mois. "La vie fait qu'on réagit tous à notre manière suite à une rupture. Monsieur Pauwels crève de cette rupture". Il explique que Pauwels rencontre alors un nouvel ami, Jamal Ennif, avant de faire la connaissance de Vanessa Colassin. "Au contraire de Monsieur Pauwels, qui se fait quitter à l'époque, c'est Vanessa qui quitte son ex, Fréderic". Elle dit alors qu'elle n'en peut plus de son ex, Fréderic, qui la harcèle sans cesse. "La relation Pauwels/Colassin, c'est une rencontre qui ne devait pas avoir lieu. Lui, c'était pour réparer son mal d'amour et elle, c'était pour avoir quelqu'un qui la protège de son harceleur".

Sven Mary précise que le 8 septembre de cette année-là, une fiche d'information est ouverte à la police pour signaler qu'il y a un souci avec Fréderic G., l'ex de Vanessa Colassin. "Mais l'agent de quartier ne fait rien". Stéphane Pauwels cherche alors un contact avec la police de Lasne, via son ami Pietro, à qui il demande s'il ne connaît pas une personne au sein de cette police locale. "A l'époque, la prise de cocaïne bat son plein et vous verrez que la consommation de cette drogue dans ce couple est une prise problématique même si, comme chez tous les consommateurs, ils pensent avoir le contrôle".

"La consommation de drogue a joué un rôle primordial"

Sven Mary parle alors de la drogue. "Elle provoque la désocialisation. Imaginez que j'en prenne à un dîner avec vous, Monsieur le président, et que je sois le seul à en avoir pris, je vais me sentir différent. Et donc les consommateurs restent ensemble. Un jour, quelqu'un de très proche m'a décrit ce que c'était la cocaïne. C'est de la possessivité, des engueulades, de l'exagération. La cocaïne est la seule des maîtresses qui ne tolère aucune concurrente. C'est elle qui garde le contrôle, c'est elle qui vous domine. Et on est en plein dedans dans ce couple. Il n'y en avait pas un pour sortir l'autre de cette situation".

"Une peine d'emprisonnement de six mois pour consommation de cocaïne alors qu'il y a énormément de gens en Belgique qui en prennent ? Si tous les consommateurs devaient aller en prison, il va falloir en construire des établissements !", poursuit l'avocat, ajoutant que Jamal Ennif est, à l'époque, celui qui fournit souvent de la drogue au couple. Il ajoute que Stéphane Pauwels ne consomme désormais plus de drogue et réclame une suspension probatoire à titre principal pour ce qui est de la consommation de drogue. Rappelons ici que le procureur fédéral a requis six mois pour ce volet.

Sven Mary soulève un problème de procédure au sujet des procès-verbaux concernant la drogue.Il plaide à présent l'acquittement pour ce volet.

Le pénaliste poursuit avec sa ligne du temps. "Ce dossier se résume à un couple et un ami, un emmerdeur d'ex qui harcèle, un Pauwels qui se fait gonfler comme une grenouille, qui est le prince et qui va tout arranger. Jamal Ennif était si fier d'être l'ami de la star Pauwels. Super ! Une star que le procureur fédéral ne connaissait même pas. Et donc Jamal se dit 'je vais tout arranger pour mon pote dont je suis si fier'". Sven Mary parle de SMS de Jamal Ennif à Pauwels, à qui il dit "je vais tout arranger" entre deux prises de coke. "Dans ces messages, quand il y a des comparaisons de taille de sexe, effectivement, c'est risible mais c'est surtout très triste. Cela vous situe un peu".

Le pénaliste évoque alors la date du 22 octobre, celle qui marque la rencontre entre Vanessa Colassin, l'ex de Pauwels, et Jamal Ennif. "Dans les messages whatsapp, à aucun moment Monsieur Pauwels ne demande à ce qu'on aille faire la peau à l'ex de sa copine". Il revient ensuite sur l'audition, lundi dernier, de son client : "Vous avez vu un homme ému, j'en avais tellement marre donc j'ai demandé à Jamal Ennif d'aller lui parler, au pire de lui mettre une claque mais certainement pas d'aller commettre un vol avec violence. C'est facile de sortir cela de son contexte mais alors faisons aussi de Stéphane Pauwels, un Ben Laden".

Sven Mary demande l'acquittement de Pauwels

L'avocat parle alors du moment où Jamal Ennif va voir une première fois Frédéric et lui dit que, s'il ne se calme pas avec Vanessa, il "connaît deux grosses têtes". Les semaines passent et plus rien ne se produit. Arrive l'année 2017 et le vol avec violence à Lasne. Sven Mary se concentre à présent sur les termes juridiques liés à ce qu'on reproche à son client. Pour le vol avec violence commis à Lasne, Sven Mary estime que si l'on reproche à son client d'avoir envoyé des gens à Lasne, ce sont des coups et blessures prémédités qu'il faut retenir et non un vol avec violence. "Mais il n'existe aucun élément objectif permettant de déterminer qu'il a ordonné le projet ! Sa participation punissable aux faits n'est pas établie", poursuit-il. Il demande donc une requalification des faits en coups et blessures mais réclame malgré tout l'acquittement.

L'avocat charge Jamal Ennif

Pour Sven Mary, c'est surtout Jamal Ennif qui avait besoin de réaliser ce coup à Lasne car il avait besoin d'argent. Il répète que l'ancien ami de Pauwels a changé à plusieurs reprises de version devant les policiers. Il insiste sur le rôle de Jamal Ennif dans l'organisation du coup de Lasne et met en doute toutes les déclarations faites par Jamal Ennif.

"Le grand banditisme, il fait une chose : tenter de réaliser des contre-stratégies. C'est utiliser beaucoup de téléphones et éviter d'être pris. Pauwels et Colassin ne connaissent pas toutes ces techniques. A part devant un tribunal de police, Pauwels n'a jamais eu à rendre des comptes à la justice. Il ne connaît pas tout cela". Le jour de l'audition sur le vol avec violence de Lasne, Stéphane Pauwels et Vanessa Colassin échangent encore des messages.

"Il n'a pas sa place en prison"

Sven Mary rappelle que Stéphane Pauwels avait dénoncé à l'époque des magouilles dans le foot avec l'affaire Yé . "Je pense qu'il a subi l'orage de sa vie et je vous demande l'acquittement général. A titre subsidiaire pour la consommation de drogue, je vous demande à titre principal la suspension du prononcé et à titre subsidiaire la suspension probatoire avec des tests d'urine. Je vous demande pour le fait de Lasne de requalifier, de l'acquitter à titre principal et à titre subsidiaire, je vous demande la suspension du prononcé. Il lui reste trois personnes dans sa vie. Et encore à titre subsidiaire, je vous demande de lui octroyer une peine avec sursis. Cet homme n'a pas sa place en prison", termine Sven Mary.

Le ténor du barreau laisse à présent la place à son associé, Maître Romain Delcoigne, qui aborde lui la prévention de tentative de faux reproché à Stéphane Pauwels. Et il prévient déjà : il plaide l'acquittement.

Place à la défense de Vanessa Colassin, l'ex de Pauwels

C'est Maître Vergauwen qui prend la parole à présent pour la défense de Vanessa Colassin, l'ex de Stéphane Pauwels. "J'assure la défense d'une dame inquiète, tremblante". Il précise que sa cliente a 48 ans et qu'elle vit très mal la médiatisation de l'affaire. "On a décrit dans ce tribunal ma cliente comme une femme odieuse contre laquelle on réclame quatre ans de prison".

Pour l'avocat, aucun élément dans le dossier ne fait apparaître des contacts entre les auteurs et sa cliente, si ce n'est une seule déclaration de Jamal Ennif. Déclarations qu'il remet en cause comme l'a fait Sven Mary avant lui. Il ajoute que les informations données par Vanessa Colassin, à savoir que son ex avait beaucoup d'argent, sont non précises et ne peuvent donc servir de preuve pour l'infraction de home invasion à Lasne. "Le seul reproche que l'on puisse faire à Vanessa Colassin est d'avoir eu la langue trop pendue, en répétant à qui voulait l'entendre, que son ex avait beaucoup d'argent".

Pour la défense de l'ex de Pauwels, c'est Jamal Ennif qui a joué un double jeu dans cette affaire. "Lorsque ma cliente rencontre Stéphane Pauwels, c'est une femme qui souffre et c'est une femme amoureuse. Elle est fragile psychologiquement". Pour Maître Vergauwen, sa cliente devrait être acquittée. "Tout au plus, un élément de complicité pourrait être retenu pour avoir indiqué à Monsieur Ennif quel jour la femme de ménage se rendait chez son ex Frédéric". Pour ce qui est des stupéfiants, il plaide pour une suspension probatoire. L'avocat estime que dans le plus mauvais scénario, sa cliente pourrait effectuer une peine de travail.

L'avocat de Jamal Ennif prend la parole

Il est 14h40, l'audience reprend avec la plaidoirie de Me Guttadauria, l'avocat de Jamal Ennif. Il présente son client comme quelqu'un qui a tout perdu. "Monsieur Ennif prend néanmoins ses responsabilités". L'avocat précise que son client considérait Pauwels comme un véritable ami, avec qui il a échangé pas moins de 5.800 messages ! "Il voulait dès lors l'aider". L'avocat demande dès lors un sursis probatoire pour son client.

Le procureur fédéral Julien Moinil réplique

"Depuis ce matin, on vous plaide qu'on fait des home invasions gratuitement. On y va cagoulés, armés, on y entre mais soi-disant sans but lucratif. Alors si vous continuez à me dire cela, moi je vais peut-être aller travailler à Pairi Daiza, j'en sais rien moi. Arrêtez de me dire qu'il n'y a pas de but lucratif. L'équipe ne peut être recrutée que s'il y a un objectif lucratif. Si on ne le fait pas pour les beaux yeux de Pauwels alors c'est un pour un but lucratif. On n'est pas dans une asbl, on est dans une association de malfaiteurs. Donc la requalification demandée par Sven Mary, elle ne tient pas !", s'exclame Julien Moinil.

Place à Sebastien Courtoy, l'avocat de Marwan Hammouda

"On a traumatisé un enfant trisomique, on a violenté une dame de 88 ans, même le respect des anciens, on ne l'a pas. Je ne sais pas ce qu'on a fait avec l'argent mais on s'est rabaissé pour rien ! Pourtant, j'ai entendu un de mes confrères dire qu'il était indécent de plaider l'irrecevabilité des poursuites. Pourtant du début à la fin de ma plaidoirie, je veux qu'on rende justice ! Pourtant, le chef d'enquête de ce dossier n'a eu de cesse de satisfaire ses bas instincts. Je ne compte attaquer personne, même si la tentation est grande. Je dois vous dire que je m'attendais à ce que le procureur fédéral vienne réclamer aussi l'irrecevabilité des poursuites. Je vois donc que le procureur fédéral défend un policier qu'il a lui-même renvoyé devant le tribunal, un voyou revêtu d'un uniforme."

Les sms du policier dévoilés à l'audience : "C'est un psychopathe à qui vous avez confié cette enquête"

L'avocat parle du policier comme d'un homme obsédé par l'idée de voler la vie de son client, Marwan Hammouda. "Il est fou amoureux de la compagne de mon client". Et l'avocat de poursuivre : "Comment avec tout ce que l'on sait sur ce chef d'enquête, oser réclamer huit ans de prison contre mon client. Sebastien Courtoy lit à présent des sms échangés par le chef d'enquête avec la compagne de Marwan Hammouda. "Tu as vécu sept ans avec un homme qui t'a fait tout cela. C'est horrible, pauvre fille, pourquoi tu restes avec lui. Cette vie te rendra toujours malheureuse. C'est difficile de concevoir que tu vis toujours avec lui. Personne avant moi n'a su t'écarter de lui et moi je n'ai pas su non plus. Tu réalises qu'il y a un an tu n'existais pas et que là je ne peux plus rien concevoir sans toi, je déplacerais des montagnes pour toi "

Sebastien Courtoy souligne également que le chef d'enquête, qui se faisait surnommer choco prince, proposait à la compagne de Hammouda de la ramener chez elle après audition. "Je t'aime tellement, je voudrais vivre avec toi. Tu es tellement superbe, que tu ne mérites pas la vie malheureuse que tu as". L'avocat précise que le policier se fait "jeter" et que la jeune femme reste avec Hammouda. "Le lendemain, il apprend un élément à décharge et il ne le met pas dans le dossier".

"C'est un psychopathe à qui vous avez confié cette enquête", s'exclame le pénaliste. "Alors qu'est ce qu'on fait avec cette partialité ?" L'avocat cite plusieurs arrêts où le doute a plané et l'irrecevabilité des poursuites a été retenue. Ce qu'il réclame ici. "On ne va par louer le Mons Expo pendant trois semaines mais des preuves de sa partialité à ce chef d'enquête, j'en ai des tas. Et l'avocat de prendre pour exemple quelques auditions. "Cela donne soit tu vas dans mon sens et je t'arrange ton cas, soit tu vas rester en prison". Le chef d'enquête a promis à la compagne d'Hammouda qu'il obtiendrait un bracelet électronique. "C'est une violation majeure des droits de la défense".

"Il est temps qu'on réalise que tout ce que vous avez comme éléments ici devant le tribunal, cela dépendait de la volonté de chef d'enquête qui n'a fait que ce qu'il avait envie dans son intérêt".

"Alors la question : pourquoi promet-il un bracelet à l'homme de celle dont il est amoureux ? Parce qu'il sait que c'est un bracelet en massepain qu'il promet. Mon client n'est pas ce qu'on peut appeler un grand intellectuel. Et comme par hasard, on ne propose pas à mon client d'être représenté par un avocat à l'époque". Pour l'avocat, le fait pour ce policier de se servir de ses fonctions pour ses intérêts amoureux, c'est encore plus "odieux" que tout ce qu'il a entendu jusqu'ici dans ce dossier. Sebastien Courtoy estime donc que les aveux de son client ont été extorqués.

"Envoyez un signal aux petits Ludovic"

Le pénaliste a poursuivi sa plaidoire jusqu'à 20h ce vendredi soir, terminant par rappeler qu'il refusait ce que demandait le procureur fédéral. "Il faut déclarer ces poursuites irrecevables et envoyer une onde de choc à ces autres Ludovic qui seraient tentés de penser qu'ils peuvent tout se permettre. C'est le signal que je vous demande de lancer".

A la fin de la plaidoirie, le président Moulart a tenu à préciser à l'avocat Courtoy qu'il était rassuré de voir qu'à la fin de cette plaidoirie, il n'avait pas fait de généralité concernant les policiers. "J'ai eu peur que vous fassiez des généralités mais cela n'a pas été le cas, heureusement", a ajouté le président du tribunal.

Farid Hakimi prend la parole

"Je suis devant vous Monsieur le président pour faire face à mes erreurs. Passer de tête d'affiche de boxeur professionnel à tête d'une bande de grand banditisme, cela fait mal. Je demande pardon à tout le monde. Je vais avoir 30 ans Monsieur le président, je vous demande de me laisser la chance de construire ma vie. Je suis conscient du mal que j'ai fait".

Benaouane flatte le président Moulart

Benaouane prend la parole à son tour : "J'ai envie de me pisser dessus devant vous. Je sais cela peut faire rire mais je vous assure que c'est vrai. Je voulais également présenter mes excuses. Je me suis vraiment rendu compte du mal que j'ai fait quand je suis rentré dans la maison de ces victimes". Une des victimes lui répond : "Vous êtes des lâches ! C'est dans vos gènes !". Benaouane lui répond : "Que Dieu vous bénisse et je trouve que vous avez un sacré courage de venir avec votre fils ici Madame. Merci. Excusez moi Monsieur le président, je ne dois pas m'adresser aux victimes directement mais il est tard et tout le monde est fatigué. Je sais que le jour de cette attaque chez ces gens, c'est la foudre qui leur est tombé dessus. Quand la victime a dit que depuis lors, chaque fois qu'elle faisait tomber une assiette, cela lui faisait peur. Cela m'a fait mal. Je me suis dit mais la pauvre dame".

Benaouane s'est ensuite excusé envers Frederic, la victime de Lasne. "Je ne vais pas entrer dans les détails des faits mais je voudrais vous dire aujourd'hui que toute la semaine j'ai entendu des choses et ce que j'ai pu remarquer, c'est qu'il y a un véritable fléau avec la drogue. Cela revient tout le temps. Et j'ai compris que la drogue mais aussi l'amour peut créer des dégâts".

Benaouane est pour rappel impliqué dans l'attaque de Lasne également. Il avait pris la fuite vers l'Espagne avant d'être interpellé. "J'ai entendu plein de choses sur vous Monsieur Moulart. On m'a dit que vous étiez très juste. Sévère mais juste. Quelqu'un de posé qui connaît bien son travail. J'ai entendu le procureur fédéral réclamer le pire pour moi. Une mise à disposition du gouvernement en plus d'une peine sévère rien que pour moi. Les paroles cela fait plus mal que les coups. Et le procureur me fait mal depuis qu'il est venu me chercher en Espagne".

Le président Moulart lui demande d'abréger. "Je sais que c'est important pour vous de vous exprimer mais je vais vous demander d'être plus court".

Benaouane poursuit malgré tout : "Je suis désolé, je ne sais pas fermer ma bouche mais je voulais vous dire que moi, les enfants et les femmes, je ne les touche pas, je ne les frappe pas. Je voulais simplement un bracelet électronique et Monsieur Moinil s'y opppose depuis le début ! Je n'ai pas de chance, on m'a retrouvé en Espagne avec une crotte de cannabis. J'ai obtenu le bracelet 26 heures mais cela captait mal à l'étage où j'étais alors Monsieur Moinil a révoqué cela immédiatement. Tout cela pour dire que j'ai 35 ans et que lorsque j'entends le procureur fédéral réclamer autant d'années de prison pour moi, j'ai l'impression d'être Monsieur Lelièvre. Je termine par un message : le crime, ça ne paie pas ! ".

Hammouda a pris la parole à son tour, indiquant qu'il avait des preuves pour démontrer que certains "faits" n'étaient pas corrects. Le président Moulart lui répondit qu'il était trop tard.

Rachid T. : "Je continue ma plaidoirie. Si j'avais pu, je serais devenu avocat"

"C'est la première fois que mon téléphone me disculpe d'un fait. Je continue ma plaidoirie. Bon je suis triste d'avoir choisi la criminalité, si j'avais pu j'aurai fait avocat !" Le prévenu, figure bien connue du grand banditisme à Charleroi poursuit en expliquant que s'il est condamné, c'est de sa faute. "Moi, je ne vais pas tout remettre sur Pierre, Paul ou Jacques. Mais pour ma part, j'ai déjà entamé des démarches envers les victimes. Et une victime m'a dit : un pardon sincère est dix mille fois meilleur qu'une indemnisation et elle m'a ramené un cadeau ! Est ce que c'est dû à mon âge, à mon parcours, à la naissance de mon fils. Sans doute mais je réalise que le plus important, c'est d'entreprendre de véritables démarches envers les victimes. La prison, c'est l"école du crime. Plus j'y passe du temps, plus mon répertoire s'enrichit et cela je ne veux plus. Ma femme a effectivement un cancer comme l'a dit le procureur fédéral et je me dois à présent d'être auprès d'elle".

Said Hakimi prend la parole à son tour

"Je ne ferais pas de mal à une mouche. J'avais vraiment une petite entreprise de location de voitures, je n'y peux rien si les clients étaient des consommateurs de stupéfiants".

Pauwels s'exprime !

"D'abord, je ne vais pas plaider moi parce que j'ai des avocats excellents qui ont fait cela. Juste peut être un truc que j'ai entendu dans la journée : la partie civile a dit que je ne me suis pas excusé mais je l'ai fait. Je veux juste vous dire que j'ai perdu un frère moi. Et ce n'est pas facile. Je veux juste vous dire que mon monde s'est écroulé et peut-être que je mérite cela comme certains disent parce que j'étais médiatisé. Je veux juste vous parler de ma fille qui fait des études et à qui on dit non stop: ton père,c'est un criminel. Que je me sois drogué, j'assume. Peut être que j'ai attrapé la grosse tête, peut être que je n'ai plus touché le sol, j'assume. Monsieur le Procureur dit qu'il ne me connaît pas parce qu'il n'aime pas le foot. Mais je n'ai pas fait que cela. J'ai aidé des enfants via des actions humanitaires, etc. Qu'est ce que je fous ici !"

Stephane Pauwels s'effondre. "C'est dur, je ne peux plus travailler. Je serai peut être livreur de pizzas mais je paie déjà de ne plus travailler. C'est très dur. Je n'ai pas dormi de la semaine Monsieur le président. C'est terrible de me retrouver ici avec ces gens, même si je ne les juge pas". Pauwels pleure et parle du film Green Book à présent. "Moi, j'ai perdu ma dignité. Je suis content d'être devant ce tribunal parce que j'ai écouté Sven Mary et je me tais depuis deux ans mais vous savez Monsieur le président, je vais écrire un livre de mon histoire. Je veux retravailler. Je voulais vous remercier quoiqu'il arrive parce que j'ai trouvé que ce procès a été mené avec beaucoup d'intelligence. Et comme on dit à Mouscron : j'en ai gros sur la patate", termine Stephane Pauwels. 

Le procès se termine et le président annonce que le jugement sera rendu le 30 octobre à 14H.