Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné ce vendredi quatre des cinq policiers poursuivis dans le cadre de l'expulsion qui a coûté la vie à Semira Adamu le 22 septembre 1998

BRUXELLES Les trois escorteurs ont écopé chacun d'un an de prison avec sursis pour coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Un des deux officiers présents dans l'avion a été condamné à 14 mois avec sursis pour coups et blessures involontaires. Le deuxième a été acquitté des coups et blessures involontaires.

Ces deux officiers, qui devaient également répondre de non-assistance à personne en danger, ont tout deux été acquittés de cette deuxième prévention. La peine la plus lourde, 14 mois de prison avec sursis de trois ans, revient à l'officier chargé d'encadrer l'opération, Marc V. (Van den Broeck), 36 ans, qui a été reconnu coupable de coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Il a par contre été acquitté de la prévention de non-assistance à personne en danger.

Les trois escorteurs, Danny C. (Cornelis), 44 ans, Johnny P. (Pipeleers), 45 ans et Danny C. (Colemonts) 44 ans, ont écopé d'un an avec sursis de trois ans pour coups et blessures involontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Tous quatre devont en outre payer des dommages et intérêts de 500 euros chacun aux parties civiles.

Un cinquième gendarme qui s'occupait des relations avec les passagers dans l'avion, a été acquitté. L'Etat belge, qui comparaissait en tant que responsable des cinq gendarmes, a été condamné au civil à payer des dommages et intérêts aux parties civiles.

Ces dernières ce sont déclarées satisfaisaites du jugement, très détaillé sur les responsabilités des prévenus. Elles ont aussi souligné que le tribunal était allé plus loin que ce qu'avait requis le ministère public, qui ne s'était pas opposé à la suspension du prononcé.

Me Karin Flament, avocate de Danny Cornelis s'est dite relativement satisfaite du jugement, son client et les deux autres escorteurs ayant été condamné pour coups et blessures involontaires et non pas volontaires. "Le tribunal reconnait ainsi qu'il s'agit d'un accident', a-t-elle déclaré.

Quant au Collectif contre les expulsions, dont le tribunal a stigmatisé l'attitude dans le climat de tension qui a mené à la tragédie, il s'est dit également satisfait de la condamnation, regrettant par ailleurs l'absence de responsables politiques sur les bancs des prévenus.