La femme de l'assassin de Massoud approuve son geste...

BRUXELLES Hier, le procès Massoud-Trabelsi s'est poursuivi devant la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles qui siège à la cour d'assises pour des raisons évidentes de sécurité.

La journée de lundi a principalement été marquée par l'interrogatoire de Malika E. La jeune femme est la femme de l'un des deux assassins du commandant Massoud qui a perdu la vie quelques jours avant les attentats du 11 septembre.

Belge de nationalité, Malika a épousé son mari après l'avoir rencontré dans une mosquée. Hier, elle a fait des déclarations surprenantes devant le tribunal: «Je ne savais pas qu'il y avait ce projet d'assassiner le commandant Massoud. Mais j'approuve que ce dernier ait été abattu. A choisir, j'aurais préféré que mon mari le tue de loin d'une balle dans la tête.»

En revanche, la jeune femme nie avoir recelé de faux passeports. Elle nie aussi avoir organisé le recrutement de jeunes volontaires destinés à être envoyés en zone pakistano- afghane dans le but d'y suivre un entraînement paramilitaire.

Pourtant, on sait aujourd'hui que Malika s'est installée en 2001 en Afghanistan. La justice sait également qu'elle est revenue en Belgique dans le courant du mois de mai de cette année-là. Elle est ensuite retournée en Afghanistan au mois d'août. Cet aller-et-retour aurait eu pour but de venir chercher les faux passeports belges destinés à être utilisés par les tueurs qui se sont fait passer pour des journalistes. Mais la justice doute que Malika ait pu organiser cela toute seule.

Il est donc fort probable que différents complices aient été actifs dans la filière internationale de faux passeports. Et il est plausible de penser que nombreux sont ceux qui courent encore dans la nature...

La présidente Claire De Gryse a lu les différentes déclarations de Nizar Trabelsi. Trabelsi, ex-footballeur, est accusé d'avoir projeté de commettre des attentats à l'encontre de la base militaire de Kleine-Brogel située dans le Limbourg, et de l'ambassade américaine de Paris.

Lors de ses déclarations, Trabelsi avait expliqué qu'il avait rencontré à plusieurs reprises ben Laden et qu'il le considérait comme son père.

Après avoir vu sur cassette des tortures perpétrées sur des musulmans, Trabelsi s'est porté volontaire pour des attentats kamikazes. Ben Laden lui aurait finalement proposé de se sacrifier pour une action à l'encontre de la base de Kleine-Brogel.

L'attentat devait se dérouler à la cantine, entre 12 et 13 h...

© La Dernière Heure 2003