Faits divers Les vrais chiffres de la prostitution

SAINT-JOSSE Est-ce parce qu'elles sont chassées du Schippers - le quartier chaud d'Anvers - qu'elles se rabattent sur Bruxelles?
Toujours est-il que fin 1999, la police ne dénombrait que 85 vitrines dans le quartier de la gare du Nord à Bruxelles. Elles étaient 107 l'année suivante. Et 137 en février 2001. Et 151 aujourd'hui: rue des Plantes, rue Verte, rue Linné, rue de la Rivière, rue de la Prairie, rue Dupont, etc., ce quartier chaud, le plus important en région bruxelloise pour ce qui est de la prostitution visible, progresse.
Selon les chiffres tout chauds du parquet de Bruxelles, la police recense, dans ces 151 vitrines:- 48 % de Belges;.- 13 % de Ghanéennes;.- 9 % de Nigérianes;.- 7 % de Françaises;.- 2 % d'Italiennes;.- 2 % de Congolaises;.- 2 % de Libériennes;.- 1 % de Sierra-Léonaises;- 1 % d'Allemandes.- 1 % de Marocaines et- 1 Dominicaine!
Mais pas d'ex-Yougoslaves, ni de Russes, ni de Moldaves, ni de Polonaises, ni de Turques, etc.
Pas d'Asiatiques non plus - la seule Thaïlandaise vient tout récemment de se faire refouler pour une question de permis de travail.
Les plus jeunes ont 20 ans.
La doyenne? 72 ans...
Les derniers contrôles datent du week-end. Dix vitrines ont été fermées. Quatre pour motif administratif - c'est-à-dire pour n'avoir pas demandé l'accord préalable de l'Urbanisme avant de transformer une habitation en salon de prostitution.

En outre, six carrées ont été fermées mais pour motifs judiciaires - du séjour illégal au comportement indécent en vitrine. Etre indécent, c'est secouer ses seins nus, c'est porter un string et agiter les fesses...
Pour les illégales, la pratique dans le quartier Nord consiste pour l'instant à louer les papiers d'une collègue en séjour régulier: c'est autant par jour.
Cette jolie brunette a été mariée mais, attaque-t-elle, `j'en ai eu marre que mon mari me prenne pour sa bonniche ´. Alors, elle a repris son indépendance. Et hier midi, elle s'exposait en vitrine.
Son rêve? Gagner vite assez d'argent pour ouvrir un bar. En journée, dit-elle, le quartier est sûr. La nuit, en revanche, lui fait peur. `C'est pas pour moi.´ Elle paie sa carrée 620 euros de loyer par mois. Ses tarifs n'ont pas changé avec l'euro - c'est 12 euros la caresse buccale, 25 euros la passe, 75 la demi-heure et 250 euros pour trois heures, mais ça n'arrive jamais.
Ses principes? Un client à la fois, jamais deux! Elle refuse les spécialités. Elle exige le préservatif - `Ma vie vaut plus cher...´
Elle ne se considère ni comme un objet ni comme une esclave sexuelle - `Je suis indépendante, j'accepte qui je veux. Et après tout, conclut-elle, c'est un commerce comme un autre, il y a des hauts et des bas, des jours avec et des jours sans´...