La cour d’appel de Liège a entamé l’examen du dossier Publifin dans lequel dix personnes sont poursuivies. Des 39 membres des comités de secteur et du conseil d’administration de l’intercommunale Publifin qui faisaient l’objet d’une procédure judiciaire, ce sont les seuls qui n’ont pas payé de transaction pénale proposée par le parquet avant le début des poursuites pénales et qui leur aurait permis d’éteindre les poursuites. Parmi ceux-ci, du côté du MR, on retrouve l’ancien député provincial, Georges Pire, André Denis, député provincial liégeois et ancien bourgmestre de Malmedy, Marie Noëlle Mottard, ex-conseillère communale de Waremme et le bourgmestre de Braives, Pol Guillaume. Du côté PS, sont poursuivis l’échevin de l’Enseignement à Liège, Pierre Stassart, Robert Botterman qui est l’ancien président du CPAS de Verviers et Serge Manzato, bourgmestre d’Engis. Au CDH, on retrouve Raphaël Amieva Acebo qui est un ancien conseiller de Crisnée. Jean-Marie Gillon, conseiller provincial et Catherine Maas, l’ancienne conseillère communale de Seraing, du groupe Ecolo sont également poursuivis.

Les prévenus doivent répondre de prise d’intérêt et détournements de fonds publics commis par une personne exerçant une fonction publique. Le 19 décembre 2016, c’est l’échevin d’Olne, Cédric Halin, du CDH, qui a fait éclater le scandale. Une trentaine de transactions ont été payées. L’intercommunale Publifin a réclamé le remboursement de près de 290 000 euros sur un peu plus d’un million d’euros nets perçus par les 26 membres des comités.

Les prévenus ont été acquittés en instance, mais le parquet a fait appel. "Je n’étais pas dans le comité des rémunérations mais elles ont été proposées en fonction du code de la démocratie locale avec des critères objectifs", avait expliqué Georges Pire. "C’était au management et aux présidents des comités de surveiller", a-t-il poursuivi. "Les poursuites, je pense qu’elles ne sont pas fondées en ce qui me concerne", a expliqué André Denis. "C’est pour cela que j’ai refusé de payer la transaction. On me demandait de reconnaître les faits. Je considérais que je n’étais pas directement impliqué dans la création et encore moins dans la gestion des comités de secteur." Selon les prévenus, c’est le management qui est responsable. "La manière de fonctionner de Publifin a toujours été particulière. Le management de Publifin, ce sont un peu des enfumeurs." La cour d’appel va entendre les plaidoiries de la défense.