La Ligue des droits de l’homme a enregistré 120 témoignages qui dénoncent les violences policières depuis le mois de mars 2013.

L’organisation avait lancé un site internet spécialisé, l’Observatoire des violences policières. Le site permet aux victimes ou aux témoins de relater les scènes de violence. Le site se donne trois objectifs. Un but social, afin d’informer, un but sociologique, afin d’étudier un phénomène, et un but politique, afin d’orienter les décisions du pouvoir.

La Ligue, qui ne propose pas d’aide individuelle aux victimes, s’engage à la confidentialité des données, à une étude des faits et des tendances et à un principe de non-intervention.

La Ligue des droits de l’homme rappelle dans les colonnes du Soir qu’il ne s’agit pas d’un déversoir de haine contre les agents de police : la pertinence des témoignages est évaluée et les messages dont la véracité est mise en doute sont écartés.

Face à ces premiers chiffres, SFLP-Police, le principal syndicat policier, rétorque que ces chiffres ne font que confirmer les statistiques officielles "officiellement prouvées" du comité P, la police des polices, et du Conseil de discipline de la police.

Le syndicat, qui "combat de toutes ses forces la violence commise par les policiers", estime qu’il s’agit "d’un phénomène totalement marginal", qui touche 0,4 % des 40.000 policiers ou 0,002 % des 10 millions d’interventions policières annuelles.

"La violence totalement gratuite ne concerne que 5 cas par an", ajoute le syndicat, qui pointe en revanche la violence subie par les policiers, qu’il évalue à 7.500 cas par an. "Selon un sondage mené auprès d’un groupe représentatif de 5.000 policiers, plus de 60 % d’entre eux ne déposent aucune plainte en cas d’injure et même de menace", précise le syndicat policier.

Le comité P a reçu, en 2012, 576 plaintes pour de présumées violences policières.

R. C.