Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a reconnu, samedi vers 01h00 du matin, tous les accusés coupables du braquage d'une bijouterie située rue du Midi à Bruxelles, le 24 juillet 2010. Mais il a estimé que seulement quatre d'entre eux - Nicolae Samoila, Gheorghita Lipovanu, Gheorghe Rezmerita et Dan Dragos - étaient coupables de la circonstance aggravante du meurtre sur le bijoutier, Dominique Legros, qui était âgé de 60 ans. Le dernier accusé, Florin Manolache, a quant à lui été reconnu coupable de coups et blessures sur ce bijoutier, qui ont entraîné la mort mais sans intention de la donner. Nicolae Samoila et Gheorghita Lipovanu étaient en aveu d'avoir braqué la bijouterie de Dominique Legros, située rue du Midi à Bruxelles, le 24 juillet 2010 vers 10h00, et d'avoir été les auteurs des coups mortels sur la victime, mais sans avoir eu l'intention de provoquer sa mort.

Gheorghe Rezmerita avait avoué être entré dans la bijouterie mais après que le bijoutier a été agressé par les deux autres.

Dan Dragos et Florin Manolache avaient, eux, tardivement avoué avoir participé au braquage. Mais ils avaient déclaré être restés en dehors de la bijouterie et ne pas avoir su que des violences seraient commises à l'intérieur par leurs comparses.

Les cinq accusés, des ressortissants roumains, étaient arrivés de Roumanie à Bruxelles quatre jours avant les faits, avec l'intention de braquer une bijouterie.

Le jury de la cour d'assises de Bruxelles a considéré que le braquage de la bijouterie de Dominique Legros avait été préparé par tous les accusés.

Il a ensuite estimé que Gheorghita Lipovanu avait donné les coups qui ont provoqué la mort du commerçant et que Nicolae Samoila lui avait obéi en assommant celui-ci.

Dominique Legros présentait des contusions importantes au visage, des lacérations au niveau du cou et des bandes de ruban adhésif avaient été retrouvées dans sa bouche.

Les jurés ont également estimé que Gheorghe Rezmerita était co-auteur du meurtre parce qu'il était entré dans la bijouterie, cinq minutes après les deux autres, et avait accepté de les laisser porter de nouveaux coups violents à la victime.

Enfin, les jurés ont considéré que Dan Dragos était lui aussi co-auteur du meurtre parce qu'il connaissait bien Gheorghita Lipovanu et sa dangerosité. Il l'avait recruté comme "videur" dans sa boîte de nuit en Roumanie et comme "récupérateur de créances" selon la police roumaine.

Les jurés ont précisé que Dan Dragos appelait lui-même Gheorghita Lipovanu, "le fou", et qu'il ne pouvait donc ignorer qu'il était un homme violent.

"Mais, contrairement à Dan Dragos, Florin Manolache, lui, ne connaissait pas Gheorghita Lipovanu", ont poursuivi les jurés. "Un doute raisonnable subsiste et doit profiter à cet accusé quant à savoir s'il savait ou non de quoi était capable Gheorghita Lipovanu", ont exposé les jurés.

Florin Manolache a donc été, lui, acquitté de la circonstance aggravante de meurtre, et reconnu coupable de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Florin Manolache, par le biais de ses conseils, Me Christine Callewaert et Me Sokol Vljahen, avait d'ailleurs plaidé coupable pour cet homicide involontaire, alors que Dan Dragos et Gheorghe Rezmerita, qui eux non plus n'avaient pas participé aux violences, avaient demandé l'acquittement pour meurtre et pour homicide involontaire.

Enfin, le jury a reconnu tous les accusés coupables d'avoir fait partie d'une organisation criminelle et, pour Dan Dragos, d'avoir été le dirigeant de cette organisation.

Le débat sur la peine se tiendra lundi.