L'enfant, enlevée mardi dans les Vosges, et sa mère restaient introuvables vendredi Le scénario "minutieusement" préparé du rapt de l'enfant, organisé à la demande de la mère, et le profil anti-système des ravisseurs présumés ont toutefois été percés à jour. Selon les déclarations de ces derniers, ils ont agi à la demande de la mère de l'enfant ,qui voulait récupérer sa fille de 8 ans dont elle n'avait plus la garde, a ajouté le procureur de la République d'Epinal, Nicolas Heitz.

"Lola Montemaggi les sollicitait via internet pour récupérer sa fille dont elle s'estimait injustement séparée dans le but de partir à l'étranger", a expliqué M. Heitz, qui avait déclenché mardi soir le dispositif Alerte enlèvement. "Leurs auditions sont globalement concordantes", a-t-il ajouté, précisant que l'un d'entre eux n'avait pas voulu s'exprimer. Les trois autres ont revendiqué une action qualifiée "d'extraction et d'exfiltration".

Âgés de 23 à 60 ans et sans antécédents judiciaires, ces quatre hommes, qui doivent être présentés dans la journée à un juge, ont été arrêtés à Paris, en Seine-et-Marne, aux Lilas (Seine-Saint-Denis) et en Meurthe-et-Moselle.

Le "script d'un discours à tenir devant la grand-mère de Mia pour se faire passer pour un éducateur" de la Protection judiciaire de la jeunesse a été découvert chez le premier d'entre eux à avoir été interpellé, à Paris. Cet homme de 58 ans s'est décrit devant les enquêteurs comme une "personne dissidente" et "résistante à la barbarie de ce système" et s'est dit "fier" de ce qu'il avait fait "à la manière d'Arsène Lupin", selon le procureur.

Chez le suspect de 23 ans, "des éléments susceptibles d'entrer dans la composition d'explosifs ont été découverts", a indiqué M. Heitz, précisant que ce volet de l'enquête était désormais entre les mains du parquet national anti-terroriste (Pnat). Au cours de sa garde à vue, le suspect a affirmé avoir agi "dans le but de sauver la vie de l'enfant" même s'il a admis avoir "peut-être été manipulé".

Une enquête préliminaire confiée au Pnat était déjà en cours concernant ces individus dont, selon une source proche du dossier, le profil "s'apparente à la mouvance survivaliste". Elle-même alertée par le dispositif Alerte-enlèvement, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a permis leur identification en faisant le rapprochement entre une plaque d'immatriculation relevée par un témoin mardi et celle d'un véhicule repéré lors de cette enquête, a confié Nicolas Heitz.

Compte tenu des investigations déjà réalisées et la proximité des Vosges avec l'Allemagne, la Suisse et la Belgique, "il n'est pas à exclure que (Mia et sa mère) aient pu quitter le territoire national", a prévenu Nicolas Heitz. "Des diffusions internationales ont été réalisées pour faciliter leur localisation et leur appréhension", a-t-il indiqué.

Mia Montemaggi a été enlevée mardi par trois hommes, par ruse et sans violence, alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère maternelle, désignée depuis janvier "tiers de confiance" par la justice, dans le village des Poulières, à une trentaine de kilomètres d'Epinal. Sa mère, Lola Montemaggi, 28 ans, qui n'avait plus le droit de voir Mia seule et "voulait vivre en marge de la société", a également disparu depuis.