Un homme en pleurs qui sonne aux portes en hurlant avoir été kidnappé à Bruxelles. A Anderlecht précisément. Voilà la scène vécue à l’aube par les habitants de la Edingensesteenweg à Hal ce dimanche. Il était 5 h 20 lorsque cet individu est parvenu à s’échapper via une fenêtre d’un hangar situé dans le quartier.

Prévenue par les riverains, la police locale a rapidement demandé l’intervention des unités spéciales de la police fédérale. Le quartier a été entièrement bouclé, les habitants invités à fermer portes et fenêtres.

Trois individus étaient cachés dans le hangar abandonné. L’un d’entre eux s’est vite rendu face aux injonctions des forces spéciales d’intervention. Il a fallu attendre 10 h 30 pour que l’opération prenne fin. Les deux autres suspects restés à l’intérieur ne voulaient pas se rendre. L’un d’entre eux, armé, s’est avancé en rampant avant d’être interpellé. Le second s’est caché dans le grenier et les unités spéciales ont dû faire usage d’un drone et envoyer un chien pisteur dans le hangar pour parvenir enfin à le maîtriser.

Les suspects ont fait usage d’une Golf noire immatriculée avec des plaques Z (garage) pour arriver dans ce hangar situé à l’arrière d’une maison abandonnée et mise en vente depuis trois semaines. Maison qui, selon nos confrères de Het Laatste Nieuws, avait fait l’objet d’une intrusion lundi dernier, une porte ayant été fracturée.

Sur les circonstances des faits, le parquet de Bruxelles qui a repris l’affaire, ne se prononce pas encore. Le parquet précise dans un communiqué que quatre personnes ont été privées de leur liberté et que l’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances des faits.

Ce n’est pas la première fois qu’un enlèvement aux circonstances peu claires est constaté à Bruxelles. Pas plus tard que l’été dernier, nous vous relations un entretien avec un expert de la police judiciaire fédérale de Bruxelles qui nous parlait de ce phénomène inquiétant à la mode dans le milieu criminel de la capitale, qu’est celui des enlèvements entre trafiquants de stupéfiants. Rappelons ici que l’enquête sur les faits survenus à Hal ce dimanche ne permet pas encore de se diriger vers cette piste mais soulignons tout de même que cette pratique est courante ces dernières années dans le milieu, face à la concurrence de plus en plus importante entre trafiquants de stupéfiants. Des kidnappings et séquestrations aux fins parfois tragiques, au cours desquels il est demandé des rançons aux familles des personnes enlevées.

Les rançons demandées aux familles peuvent parfois grimper très haut. “Cela va de 5 000 à 100 000 euros “, nous avait précisé le responsable de l’unité antibanditisme de la PJF de Bruxelles. Et il ajoutait que toute la difficulté était de faire parler les victimes de ces enlèvements. “Ils ne veulent forcément pas dire qui les a enlevés puisqu’ils viennent eux aussi du milieu criminel et qu’ils craignent les conséquences”, terminait notre expert.

On devrait en savoir davantage ce lundi sur les motifs de ce nouvel enlèvement survenu ce week-end à Hal.