Deux Belges ont été placés dans une institution pour mineurs par le juge de la jeunesse de Termonde. L'enquête a débuté en janvier de l'année dernière, suite à l'envoi d'une série de SMS suspects qui semblaient provenir d'une banque. Au cours de leur investigation, les enquêteurs ont repéré une bande qui opérait de différentes manières. "Par exemple, en envoyant des messages de phishing (y compris via Whatsapp) qui provenaient soi-disant de la banque de la victime, avec l'intention qu'elle clique sur le lien renvoyant vers un faux site web", a déclaré la police fédérale.

Des victimes ont également été approchées sur des sites web de seconde main. Le suspect prétendait alors vouloir acheter quelque chose avant d'envoyer un message via une fausse étiquette d'expédition de "depost.be" pour organiser l'envoi.

La bande d'escrocs est également soupçonnée d'avoir recherché en Belgique des jeunes prêts à mettre à disposition leurs comptes et cartes bancaires, rapporte de police. "Ils leur auraient demandé d'acheter de grandes quantités de cartes SIM enregistrées, que les suspects pouvaient ensuite utiliser pour envoyer des messages. Des messages de phishing ont en effet été envoyés en grand nombre vers les GSM de milliers de victimes potentielles, via un trafic de données. C'est grâce à un logiciel spécial de recherche de coordonnées, comme le numéro de téléphone portable ou l'adresse électronique, sur les médias sociaux qu'ils ont eu accès à toute cette base de données."

Les victimes ont donc ainsi donné accès à leurs comptes. L'argent a ensuite été transféré sur les comptes des "mules" et des espèces ont été retirées ou utilisées pour effectuer des achats sur Internet. Le butin de la bande s'élevait probablement à plus de 200.000 euros fin 2020.

Cette escroquerie était sans doute pilotée depuis Rotterdam. "Le 2 février 2021, la police judiciaire fédérale de Flandre orientale et l'unité de Rotterdam de la police néerlandaise ont mené des actions communes à l'encontre des suspects désormais identifiés. La PJF de Flandre orientale a effectué deux perquisitions à Alost et la police néerlandaise deux autres à Rotterdam. Aux Pays-Bas, deux suspects ont été arrêtés sur la base de mandats d'arrêt européens émis par le juge d'instruction de Termonde. Ils seront remis à la Belgique."

Lors de la perquisition effectuée au domicile du principal suspect aux Pays-Bas, 19 téléphones portables ont été saisis, dont deux étaient encore actifs. La voiture du suspect a, elle, été envoyée à la fourrière.

En Belgique, deux mineurs ont été arrêtés et ont comparu devant le juge de la jeunesse de Termonde. Ils ont été placés dans une institution pour mineurs.

La police met en garde toute personne qui fournit son numéro de compte ou ses cartes téléphoniques car elle pourrait être considérée comme complice. "Le parquet de Flandre orientale traduit systématiquement ces jeunes en justice. Lors de précédentes sessions à Termonde et à Gand, ils ont reçu une sanction du juge. De plus, les institutions bancaires risquent de se méfier d'eux à l'avenir et de ne pas leur accorder de prêt, par exemple."