Eric Menten et Bernard Sicx ont été blanchis par le tribunal correctionnel de Bruxelles

BRUXELLES Il s'est longuement battu pour son client, et il a eu raison. Me Bernard Tieleman a obtenu hier l'acquittement d'Eric Menten, poursuivi pour infractions à la loi Moureaux réprimant le racisme et la xénophobie. Le chef contrôleur des transports en commun bruxellois a en effet été blanchi au terme d'une longue motivation qui a également mis hors cause Bernard Sicx, ex-monsieur sécurité de la Stib, qui s'était retrouvé sur les bancs du tribunal suite à une citation directe lancée par le Centre pour l'Egalité des Chances.

L'affaire avait éclaté suite à la plainte déposée par le contrôleur Mohammed K., qui s'était porté partie civile, entraînant dans son sillage six autres constitutions. Le tribunal a considéré que cet agent patrouilleur, principal moteur de l'enquête, avait un problème relationnel avec M. Menten, mais que cela ne suffisait pas à établir les infractions au sens de la loi. `Tant l'enquête interne à la Stib que celle menée par le Comité P montre le climat déplorable qui y régnait et qui n'a fait que s'envenimer au fil des déclarations.´ Bref, il y avait une forte rivalité entre Eric Menten et l'agent K., mais cela ne suffit pas à fonder la prévention.

Une pétition sujette à caution

Concernant la pétition qui avait été lancée et signée par certains agents, le juge estime qu'il y a eu à boire et à manger, des pétitionnaires ayant parfois retourné leur veste, et d'autres ayant subi certaines pressions pour signer.

Il fut également question de la phrase attribuée au prévenu relative à un transport d'élèves handicapés dont il aurait été dit qu'il valait mieux les envoyer à Buchenwald. A ce sujet, le président souligne `qu'une relation indirecte de ces propos ne répond pas au cadre de la prévention. De plus, le prévenu nie, et aucun élément ne permet de savoir avec certitude s'il a réellement prononcé ces mots.´

Concernant Bernard Sicx, cité directement en cours de débats, ce fut plus rapide. Il n'avait pas été ni inculpé ni poursuivi auparavant, et la citation devant le tribunal n'était motivée que par des éléments trop légers.

Bernard Sicx avait, de son côté, introduit une demande reconventionnelle pour contre-attaquer ses accusateurs, il a été débouté.