Les grands absents ont été les auteurs

VILLERS-LA-VILLE Il fallait s'y attendre : la reconstitution du violent braquage de Villers-la-Ville n'a rien apporté de neuf à l'enquête qui dure depuis 4 ans.

Comme dans un kaléidoscope, elle a tout au plus reformé une image un peu plus réaliste de ce qui s'est produit le long des ruines de l'ancienne abbaye villersoise durant la nuit du 19 au 20 juin 1996.

Les grands absents ont été les auteurs. Certains ont refusé de participer. D'autres ont disparu dans la nature. Jamais jusqu'alors la moindre reconstitution des faits n'avait été ordonnée par les juges qui se sont succédés à l'instruction, Michel Maes, aujourd'hui conseiller à la cour d'appel de Bruxelles, et Georges Lobet. De nombreuses forces de l'ordre étaient présentes sur les lieux de cette reconstitution qui s'est déroulée sur les 4 sites névralgiques de l'ensemble du braquage. Les véhicules impliqués dans celui-ci avaient été amenés : le fourgon ainsi que la camionnette et le camion qui ont servi à le bloquer.

Comme au beau milieu d'un jeu de quilles, on a retrouvé Michel Jacques, de Gesves, et Johan Van Pottelbergh, de Wemmel, les deux agents Sécuritas victimes du commando de la mort. Michel Jacques a confirmé que l'intention de la bande à Trouken, du nom de son chef François, a été de tuer. C'est pour cela et la partie de jambe qu'elle lui a enlevée par une salve meurtrière à la Kalachnikov, que Michel Jacques veut les Assises. `C'est le peuple qui doit juger ces assassins´, a-t-il clamé.

Plus réservé et à l'ombre des caméras, Johan Van Pottelbergh reste marqué par ce qui est arrivé. Villers a été le 3e braquage qu'il a subi en l'espace de quelques mois, soit entre août 95 et juin 96. Le premier s'est produit à Louvain-la-Neuve, 6 mois après son engagement à la société, et le deuxième à Nivelles où il a eu à faire à la bande à Maâche. Lui aussi confirme qu'à Villers, la violence a été l'élément majeur. Une violence dont il subit toujours maintenant les conséquences. Villers-la-Ville signifie un autre type de ruine pour lui : celle de sa vie. Aujourd'hui, il est magasinier chez un concessionnaire voiture. Son entourage ne le comprend pas toujours et sa vie de couple est bancale.