L'ancien député-bourgmestre de Seraing, acquitté en première instance, a de nouveau contesté les faits et évoqué une instruction réalisée contre lui exclusivement à charge. Alain Mathot avait répondu devant le tribunal correctionnel de Liège de faits de corruption passive, de faux, de blanchiment, d'abus de biens sociaux et d'infractions aux enchères publiques. L'ex-député-bourgmestre de Seraing était suspecté d'avoir commis ces faits dans le cadre de la construction de l'incinérateur de déchets Uvelia à Herstal.

À l'analyse approfondie du dossier, le tribunal n'avait relevé aucun élément permettant de retenir que l'ex-député-bourgmestre de Seraing aurait reçu des fonds de Philippe Leroy, son principal accusateur. Alain Mathot avait, par contre, été reconnu coupable d'une fraude fiscale dans le cadre du non-paiement de 4.800 euros de TVA pour des travaux de rénovation de sa maison. Il avait bénéficié d'une suspension du prononcé pour une durée de trois ans.

Son procès a débuté devant la cour d'appel, où il a été brièvement interrogé et a répété qu'il conteste les faits qui lui sont reprochés. Il a soutenu avoir été ciblé, parce qu'il était politicien et député, par une instruction menée exclusivement à charge.

"Cela fait 15 ans, soit un tiers de ma vie, que je supporte l'opprobre. Je suis tellement sidéré par la manière dont l'enquête a été réalisée et par la façon dont j'ai été trainé dans la boue. Il est aberrant de voir que mon accusateur se trompe quand il tente d'être précis. Rien ne tient dans ses accusations", a notamment évoqué Alain Mathot.

Les parties civiles, Intradel et Innova, ont déjà plaidé. Intradel évoque un préjudice global de 8.901.384 euros, dont seuls 265.600 euros ont été récupérés à ce jour.

La journée de mardi sera consacrée au réquisitoire de l'avocat général Véronique Truillet.