Ils sont soupçonnés d'avoir apporté un soutien à une organisation qui était qualifiée de terroriste

BRUXELLES La chambre des mises en accusation de Bruxelles a décidé, jeudi, de renvoyer les quatre suspects dans le dossier du "Secours rouge" devant le juge du fond pour participation à des activités terroristes, réformant en tout point la décision de la chambre du conseil d'avril dernier. "La chambre des mises en accusation a estimé qu'il y avait des charges suffisantes, des indices qu'il ne lui appartient pas de développer", a commenté jeudi Me Delphine Paci, avocate des inculpés.

Bertrand Sassoye, qui avait été membre des CCC (Cellules Combattantes Communistes) en Belgique, l'ex-truant Constant Hormans, le réfugié libanais Abdallah Ibrahim Abdallah et la journaliste Wahoub Fayoumi, sont donc renvoyés en correctionnelle.

Ces membres du collectif de soutien aux prisonniers politiques révolutionnaires appelé "Secours rouge", sont soupçonnés d'avoir apporté un soutien à une organisation qui était qualifiée de terroriste, le PCPM (Parti communiste Politico-militaire). Ce parti communiste italien, démantelé en 2007, était une résurgence des Brigades rouges italiennes.

En avril dernier, la chambre du conseil de Bruxelles avait considéré qu'il n'y avait pas de charges suffisantes pour poursuivre les quatre de Secours rouge pour faits de terrorisme. La décision a donc été révoquée en appel.

"Nous sommes très déçus mais aussi très sceptiques", a également commenté Me Laurent Kennes, avocat de la défense. "Surtout après que la cour d'assises de Milan ait considéré que le PCPM n'était pas une organisation terroriste", a-t-il expliqué.

"La chambre des mises en accusation n'a pas motivé sa décision. Nous n'avons entendu aucune réponse à tous les arguments que nous avions développés dans nos conclusions", a encore commenté Me Delphine Paci.

Les inculpés et leurs avocats ont affirmé envisager un recours en cassation. Mais a priori, l'affaire devrait aboutir devant le juge de fond.

© La Dernière Heure 2013