Faits divers Les habitants du quartier des Hirondelles à Ghlin ne veulent pas de logements sociaux

GHLIN Les 59 occupants du terrain des Hirondelles à Ghlin se souviendront encore longtemps des perquisitions qui ont été menées chez eux, le 21 octobre dernier. Aujourd'hui, ils clament leur souhait de continuer à vivre leur spécificité culturelle. Or, la ville les oblige à quitter les lieux pour fin mars. Une des solutions proposées par celle-ci serait de les loger dans des habitations sociales.

Les gens du voyage ne se voient, pourtant, pas vivre autrement. «Nous sommes une grande famille. Il est vrai que nous sommes peut-être perçus comme des sédentaires puisque nous sommes domiciliés ici. Si c'est le cas, c'est notamment à cause de l'obligation scolaire. Mais, venez ici en été, nous partons tous sur les routes», s'exclame Sylvie Robbe, une habitante du quartier.

Hier, les occupants du terrain des Hirondelles ont convié les journalistes. L'occasion pour tous de découvrir un lieu, à l'égard duquel, il faut bien l'avouer, beaucoup jetaient un regard aveuglé par des idées préconçues. Les organisateurs de la conférence avaient aussi rassemblé des orateurs divers. Chacun d'eux a exprimé, à sa manière, sa façon de cerner la problématique.

Par exemple, pour le psychiatre, Jean-Yves Hayez, il n'y a pas de doute: les enfants du campement ont été traumatisés d'avoir vécu de telles perquisitions. «Voir que la police, celle qu'ils s'imaginent pour les grands bandits, débarque de cette manière chez eux laisse, inévitablement, des traces.»

Et l'abbé, Philippe Masson, d'enchaîner: «Quand on vit avec eux, on découvre leur spécificité. Il est important de les respecter à travers celle-ci. Les problèmes qui pourraient être rencontrés ici sont aussi réels dans des cités. En forçant ces gens à habiter dans des maisons sociales, on casserait leur tissu.»

Quant au représentant de la Ligue des droits de l'homme, Jean- Maurice Arnould, il dénonce des attitudes discriminatoires. Il estime que des aménagements pourraient être effectués. «La ville pourrait peut-être recevoir des subsides pour de tels aménagements, et ce, d'après les recommandations du Conseil de l'Europe relatives aux gens du voyage.»

© La Dernière Heure 2004