Le parquet d'Anvers a lancé un appel à la vigilance concernant une bouteille de vin rouge dans laquelle de la drogue a probablement été ajoutée. Evi, une femme de 41 ans originaire de Puurs est décédée, il y a quelques semaines, d'une overdose potentiellement causée par la consommation du contenu d'un exemplaire. Il n'est pas encore sûr que d'autres bouteilles aient été frelatées ou non.

La victime est décédée le 17 décembre à l'hôpital de Saint-Nicolas, cinq jours après avoir été emmenée aux urgences. Son sang présentait un taux létal de MDMA et de MDA mais l'enquête judiciaire avait montré qu'elle n'avait pas pour habitude de consommer de telles drogues. Cependant, plusieurs éléments indiquent que l'overdose a été causée par la consommation d'un verre de vin. Selon un témoin, la femme avait jeté la bouteille après avoir bu seulement une gorgée parce qu'elle lui trouvait un mauvais goût. Elle avait fini par se sentir mal, puis s'évanouir, un peu plus tard.

Il s'agit d'une bouteille de vin rouge Red Merlot Cabernet Sauvignon 2016 de la marque Black & Bianco. Ces bouteilles sont normalement scellées par un bouchon de liège noir sur lequel est apposé le logo de la marque, mais l'exemplaire récupéré présentait un autre bouchon (photos ci-dessous). Les enquêteurs en ont déduit que la bouteille avait été frauduleusement manipulée et que des stupéfiants y avaient été ajoutés. Le fabricant ne serait pas en cause et rien n'indique que la victime était ciblée. "La mauvaise bouteille entre les mauvaises mains", déplorent les enquêteurs auprès de nos confrères du Het Laatste Nieuws.

La victime a-t-elle emporté une bouteille confisquée chez elle ?

La victime travaillait au Fin Shop du SPF Finances, comme l'indique le quotidien flamand. Le Fin Shop revend notamment des produits confisqués, mais le ministère des Finances affirme que le personnel du magasin ne peut pas emporter les produits à domicile. C'est pourtant l'une des hypothèses envisagées par les enquêteurs. 

Depuis qu'un Namurois est tombé malade en 2017 à cause d'une bouteille de vin contenant de la drogue, les règles du Fin Shop sont beaucoup plus strictes. "Nous ne vendons plus de nourriture et de boissons aux particuliers depuis cet incident", déclare Francis Adyns du SPF Finances. "Nous ne vendons que des lots importants à des acheteurs et seulement après que les tests nécessaires ont été effectués par le laboratoire de la douane. Le personnel ne peut pas non plus emporter des biens confisqués chez lui." 

Le parquet n'a aucune idée quant à la manipulation d'autres bouteilles mais souhaite éviter tout risque. C'est pourquoi il appelle quiconque est en possession d'un tel contenant, dont l'emballage d'origine pourrait avoir été altéré, de ne pas l'ouvrir et d'en avertir la police de la zone Klein-Brabant au numéro 03/293.22.32. Toute personne ayant des informations sur l'origine de la bouteille trouvée est également priée de contacter la police.

© PARKET ANTWERPEN
Le bouchon original est noir © PARKET ANTWERPEN
Le bouchon sur la bouteille de la victime © PARKET ANTWERPEN