Faits divers Deux membres du club Kamikaze Riders, dont un prédicateur salafiste, sous mandat d’arrêt.

Ce groupe de motards bruxellois porte un nom qui peut surprendre à la lumière des événements récents : les Kamikaze Riders. Deux de ses membres, Mohamed Karay, 27 ans, et Saïd Souati, 30 ans, sont sous mandat d’arrêt depuis lundi. Le premier est inculpé de participation aux activités d’un groupe terroriste, tandis que le second, fondateur des Kamikaze Riders, est soupçonné d’être le dirigeant de l’organisation.

Plusieurs autres membres du club ont été interpellés lors de la vague de perquisitions menées dimanche et lundi en région bruxelloise, en Brabant flamand et en région liégeoise. Ils ont été libérés après audition.

Selon nos informations, Mohamed Karay travaillait comme technicien automobile. Il faisait également partie d’un groupe de paint-ball, une activité qu’il a récemment arrêtée. Il a été interpellé dimanche, à Anderlecht.

Toujours selon nos informations, une source policière aurait reçu des détails sur un projet d’attentat en planification à Bruxelles, pour la fête du nouvel an.

Le GSM de Mohamed Karay a fait l’objet de vérifications. Les enquêteurs ont découvert que l’homme consultait des sites djihadistes.

Son casier judiciaire est vierge de toute autre mention que des infractions de roulage.

L’homme est défendu par Me Xavier Carette, qui se refuse à tout commentaire mais précise cependant que son client nie formellement les faits qui lui sont reprochés par le parquet fédéral.

La DH et Het Laatste Nieuws avaient évoqué le profil de Saïd Souati, en 2013. L’homme avait été cité dans le dossier Sharia4Belgium et considéré comme extrémiste radical et prédicateur salafiste, se référant à Anwar Awlaki, ancien idéologue en chef d’Al Qaïda en péninsule arabique. Il n’a cependant pas été inculpé dans le dossier anversois qui a vu la condamnation de Fouad Belkacem.

Cet Anderlechtois aurait un casier judiciaire pour des faits de vol avec effraction et avec armes. Le leader des Kamikaze Riders dispose de plusieurs surnoms tels que Saïd Kamikaze, Kawaz Kr ou Saïd Delta Box III.

Les Kamikaze Riders sont connus en région bruxelloise pour leurs cascades à pleine vitesse dans les rues. Mais aussi pour le soutien de plusieurs de leurs membres à la cause djihadiste.

Ainsi, certains d’entre eux ont affiché leur soutien sur leurs comptes Facebook.

Le 27 mai 2013, l’un de leurs membres, Abdelouafi Elouassaki, avait trouvé la mort dans un accident de la route. Il n’était pas connu comme islamiste radical, bien que ses frères Houssien et Hakim soient partis faire le djihad en Syrie. Le premier a été condamné par défaut à 10 ans de prison lors du procès Sharia4Belgium. Il se trouve toujours en Syrie où il dirigeait une katiba regroupant des dizaines de combattants belges. L’autre frère, Hakim, est revenu grièvement blessé des combats et n’a pas été jugé à Anvers, en attente d’examens de santé mentale qui ne sont toujours pas tombés.

Les liens entre ces deux frères et Saïd Souati n’est pas connu mais ce dernier était un ami d’enfance d’Abdelouafi Elouassaki.

En 2013, Houssien Elouassaki avait téléphoné à son frère Abdelouafi. La conversation avait été interceptée par la police fédérale. Elle mentionnait un projet d’attentat de grande ampleur sur le palais de justice de Bruxelles.

Mohamed Karay et Saïd Souati comparaîtront en chambre du conseil à Bruxelles, le jeudi 31 décembre.