La défense de l'ancien patron de la Smap donne les noms des bénéficiaires de dons politiques

LIÈGE Ce mercredi, au procès fait à Léon Lewalle devant la cour d'appel de Liège, on a replongé, lors des plaidoiries de la défense de l'ancien patron de la Smap, à une époque, pas tellement lointaine, où le financement des partis et des campagnes politiques ne dépendait pas de règles bien précises. Une époque où les dons étaient légion et où l'argent arrosait politiciens et partis de toutes les couleurs...

Comme il l'avait annoncé à la veille de l'ouverture de son procès en appel, Léon Lewalle a donc donné, via son avocat, Me Mignon, les noms des bénéficiaires des largesses passées de la Smap. Des noms qui, en leur temps, avaient d'ailleurs déjà été cités lors de l'instruction de l'affaire Smap à la suite des découvertes effectuées par la cellule Cools.

Si ces noms ont à nouveau été cités, ce mercredi, au palais de justice de Liège, signalons qu'aucune preuve n'a été apportée par M.Lewalle et par sa défense que les sommes qui y ont été associées ont effectivement été versées à l'époque. N'empêche. Le total des sommes ainsi citées devrait correspondre, peu ou prou, aux sommes... manquantes lorsque l'argent de la Smap a fini par être rapatrié de Suisse.

Plusieurs partis

Auraient ainsi bénéficié des largesses de Léon Lewalle, Richard Carlier (2,5 millions), Guy Coëme (500.000 F), Jean-Maurice Dehousse (500.000 F), José Happart (500.000F), Guy Mathot (1 million), Anne-Marie Lizin (1 million), Jean-Claude Van Cauwenberghe (2 millions), Melchior Wathelet (1 million), Alain Van der Biest (250.000 F), Philippe Maystadt (24 millions pour l'ex-PSC) ainsi que le PS national, le PS liégeois et le PRL à concurrence, chacun, de 6 millions et 25 autres bénéficiaires de moindre importance pour un total de 5 millions.

Voilà pour les personnalités et les sommes citées mercredi devant la cour d'appel de Liège. Pour le reste, notons encore que l'avocat de Léon Lewalle a plaidé l'acquittement de son client qui ne se serait pas enrichi personnellement lors de ces différentes opérations. Il estime aussi que rien ne permet de démontrer que Léon Lewalle n'aurait pas restitué, de lui-même, les fonds qu'il avait envoyés en Suisse.

Léon Lewalle, qui avait été condamné à 3 ans avec sursis en première instance, a, quant à lui, expliqué qu'à l'époque les versements mentionnés ci-dessus étaient tolérés et qu'il n'y avait vu aucune manoeuvre frauduleuse.

«Tout ce que j'ai fait, c'était pour la Smap et non pour mon enrichissement personnel. La Smap, c'est ma vie. Je l'ai aidée à grandir. Je m'y suis peut-être mal pris mais, aujourd'hui, je demande le pardon.»

L'arrêt sera rendu le 17 mars.

© La Dernière Heure 2004