Victoria Britton a voulu se constituer partie civile hier, en vain. Son histoire est édifiante.

"Je suis là pour faire acte de présence. Je voulais témoigner, si besoin, sans demander d’argent. Je voulais montrer que je n’ai pas peur d’eux."

Hier matin, Victoria Britton, une Américaine vivant dans l’État de Virginie, s’est présentée au tribunal pour se constituer partie civile. Sa demande a été rejetée car elle n’a pas été victime de la scientologie belge. "Je voulais simplement qu’on entende mon histoire", dit-elle.

Son histoire ? La perte d’un fils de 20 ans, Kyle Brennan, mort d’une balle dans la tête, dans des circonstances troublantes en février 2007, à Clearwater, Floride, à deux pas du siège mondial de la scientologie.

Kyle "n’était pas scientologue", contrairement à l’ex-mari de Victoria Britton. Selon la quinquagénaire, l’enfant était suivi par un psychiatre, une spécialité que combat la scientologie avec âpreté. C’est pour cela que, selon elle, l’Église aurait demandé à l’homme d’expulser Kyle de son appartement et de le "manier", c’est-à-dire "gérer une situation" ou "éliminer un problème". En effet, toute personne qui suit un psychiatre est un "PTS", ou source potentielle de trouble.

Ce soir du 17 février 2007, Kyle est retrouvé mort. Après deux ans d’enquête, le dossier a été classé sans suite. Victoria Britton affirme que l’enquête a été bâclée. Elle se bat depuis contre la scientologie et estime que celle-ci a donné l’ordre à son ex-mari de "manier" son fils sous peine de conséquences internes à l’Église.

"J’espère que la Belgique fera le bon choix et condamnera la scientologie pour ses crimes. J’espère aussi que ce procès sera l’occasion de mettre en lumière leurs agissements. Beaucoup pensent que c’est une organisation qui ne fait de mal à personne, qui est appuyée par des gens corrects comme Tom Cruise ou John Travolta. Mais la scientologie met une énorme pression sur ses membres pour manier leurs enfants. C’est inadmissible de la part d’une organisation qui se donne le nom d’Église."

Victoria Britton a été poursuivie pour diffamation par la scientologie mais la plainte a été classée. S’est-elle vu proposer de l’argent, comme d’autres victimes du procès belge ? "Je n’ai pas le droit de le dire", soupire-t-elle d’un air entendu.