Sept hommes et cinq femmes seront chargés de juger, dès lundi, le Brabançon qui est accusé de deux assassinats et d'un incendie ayant causé la mort d'un enfant âgé de 18 mois avec la circonstance aggravante que les faits ont eu lieu la nuit. Les faits ont eu lieu le 1er août 2011 à Arquennes et sont contestés. Un homme et trois femmes sont jurés suppléants. Le 1er août 2011, un incendie ravageait une maison située le long de la rue de Chèvremont à Arquennes. A l'intérieur, les pompiers découvraient les cadavres de Jimmy De Paepe, d'Oriana Iannuzzi et de leur fils âgé de 18 mois, Mattéo. Si l'incendie a provoqué la mort du bébé, ses parents ont été battus à mort avant le début du feu.

Le corps de Jimmy De Paepe gisait au rez-de-chaussée, dans une mare de sang. Les cadavres de sa compagne Oriana Iannuzzi et de leur fils Mattéo furent retrouvés, calcinés, à l'étage. Le médecin légiste releva des traces de coups portés à l'arrière de la tête des deux adultes, avec un objet contondant. L'enfant est mort par intoxication au monoxyde de carbone.

L'expert incendie a relevé trois foyers distincts à l'étage de l'habitation, deux dans la chambre des parents et un dans la chambre de l'enfant.

Les enquêteurs ont découvert que Jimmy vendait de la cocaïne et qu'un homme lui devait une somme de 20.000 euros. Pour les enquêteurs, ce débiteur était "vraisemblablement" Jean-Charles Van Lierde.

Le 2 août 2011, la police judiciaire a perquisitionné le domicile de Jean-Charles Van Lierde et a découvert des documents manuscrits dont certains mentionnaient l'adresse des victimes. Le suspect a été interrogé et il a déclaré qu'il connaissait les victimes et qu'il s'était rendu chez eux, la dernière fois, le 30 juillet vers 17h.

Le 8 août, Jean-Charles Van Lierde a été de nouveau auditionné et il a expliqué qu'il voulait monter une escroquerie à l'assurance en vue de régler sa dette envers Jimmy, soit une somme de 9.300 euros.

Une analyse de la téléphonie a démontré que, le 31 juillet, Jimmy De Paepe a eu plusieurs communications avec Jean-Charles Van Lierde alors qu'il se trouvait en région bruxelloise. L'appareil cessa définitivement de fonctionner le 1er août, à 1h48, alors que celui de sa compagne continua de fonctionner après la découverte des cadavres et activa des antennes en région bruxelloise, dans une zone qui se trouve entre Arquennes et le domicile de Jean-Charles Van Lierde. Enfin, l'empreinte génétique de ce dernier fut retrouvée sur une poignée de porte chez les victimes.

Selon les enquêteurs, Jean-Charles Van Lierde ne se serait pas rendu le 31 juillet à Arquennes mais plutôt le 26 juillet et il était peu vraisemblable que son ADN soit resté aussi longtemps sur la poignée de la porte, par laquelle l'auteur des faits aurait pris la fuite, selon un voisin.

Le 12 décembre 2011, Jean-Charles Van Lierde fut auditionné par la police et puis par le juge d'instruction qui le plaça sous mandat d'arrêt.

Le 17 juillet 2012, la chambre du conseil de Charleroi remit Jean-Charles Van Lierde en liberté. Le parquet n'a pas fait appel. Il est libre depuis les faits.

Le procès débutera sur le fond le lundi 22 mars à 9h aux cours de justice à Mons. Il est prévu pour une semaine.