L’Université libre de Bruxelles fait sa rentrée et avec elle, les soirées étudiantes reprennent du service. Si ces dernières ont la réputation d’être bon enfant, elles peuvent aussi dégénérer, notamment sous l’effet de l’alcool. Sur le compte Instagram #balancetonfolklore, des centaines d’étudiants, filles comme garçons, dénoncent anonymement les agressions sexuelles dont ils ont été victimes.

Dans certains témoignages, l’absence de consentement est clairement exprimée, comme avec cette étudiante de Solvay qui raconte "J’ai mal, je le pousse fort avec ma main droite […] en criant Non non non." Mais dans beaucoup de récits, l’ivresse ou la peur rendent cette verbalisation du refus impossible. Une autre étudiante explique ainsi : "Pendant une soirée, j’ai beaucoup trop bu […] il m’a caressée, je voulais dire stop mais je n’étais plus vraiment là", ou encore cette jeune fille qui résume : "J’ai mis les mots sur ce soir où mon consentement n’avait pas été respecté alors que je n’étais pas en état de consentir à quoi que ce soit."

C’est précisément à cette notion de consentement que s’attaque la campagne "Si c’est pas oui, c’est non". Pour Sylvie Boët, du Centre d’accompagnement et de soutien dans les risques de harcèlement envers les étudiant.e.s, l’objectif est simple : "Il faut éduquer au consentement, conscientiser et informer."

Pour ce faire, des formations ont été organisées "à destination des comitards dans un premier temps, mais l’objectif c’est de les étendre à au moins une personne ressource par cercle", détaille Lena Bertemes Lalia, co-présidente de l’Association Inter-cercle. Ces formations sont divisées en deux temps : une partie théorique dans laquelle Sylvie Boët indique qu’ils "posent les bases autour de vidéos, de débats, de réflexion sur le consentement" et une partie pratique assurée par le planning familial Aimer à l’ULB.

Dans celle-ci, des animateurs comme Cecilia Vieira organisent des mises en situation afin de faire changer certaines pratiques. Elle donne des exemples : "On réfléchit avec eux (les comitards) sur le fonctionnement du baptême, l’expérience en tant que bleusaille, supprimer ou modifier certaines chansons".

Ces formations permettront notamment aux comitards d’investir les safe zones, ces nouveaux espaces "où lors de soirées, les personnes qui seront victimes de violences, de harcèlement, d’une situation désagréable pourront être accueillies dans une zone à part de la soirée pour y trouver les premières aides", précise Lena Bertemes Lalia. Également, les agents de sécurité extérieurs à l’ULB devront avoir suivi une formation similaire et une charte devra être signée par les membres des cercles.

La campagne durera au moins jusqu’à la fin de l’année universitaire et une commission, composée à 50 % de personnel de l’ULB et 50 % d’étudiants, se réunira régulièrement pour "professionnaliser la prise en charge des victimes afin de rendre nos campus plus sûrs" conclut Sylvie Boët.