Selim risque 5 ans de prison pour 14 faits commis quand il avait 17 ans. Dont l’agression d’une octogénaire.

Ce jour de mai 2017, la vie de Mariette (prénom d’emprunt), 81 ans, a basculé après un coup de sonnette. L’octogénaire, qui regardait la télé, va ouvrir la porte. Il y a là un adolescent qui lui demande s’il peut parler à un soi-disant locataire. La vieille dame, qui vit seule dans sa maison de Schaerbeek, n’a pas le temps de répondre que deux autres jeunes arrivent, mettent le pied dans la porte et entrent de force. Le trio - des jeunes du quartier - la bouscule, la jette à terre, lui donne des coups. Elle crie. Les trois jeunes lui attachent les poignets avec des colsons, serrent fort. Mariette est traînée dans son salon. On lui arrache la petite chaîne en or qu’elle porte au cou, sa montre, ses bagues.

Avant de partir avec la carte de banque et le GSM de Mariette, ils la menacent encore : "Si tu ne donnes pas ton code, on te pète les dents." L’octogénaire s’exécute. Un quart d’heure plus tard, ils s’en servent au terminal Bancontact d’un night-shop tout proche.

À la suite de cette agression, la victime souffre de côtes froissées, de douleurs aux bras et de stress. Après un mois d’incapacité, les plaies étaient guéries.

Mais l’angoisse et la peur sont restées. L’octogénaire n’a pas pu retourner vivre dans sa chère maison. Elle a dû entrer en maison de repos.

Sur le banc des prévenus, Selim (prénom d’emprunt), 20 ans, soupire et bâille. À l’époque des faits, il était mineur. Mais le juge de la jeunesse s’est dessaisi de son dossier. Selim comparaissait mercredi devant la 22e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles.

"Vous reconnaissez ces faits ?", interroge le président. "Tout, sauf deux" - l’agression de Mariette et l’utilisation de sa carte de banque. Pour le parquet et les parties civiles, il n’y a aucun doute : Selim a été identifié sur les images des caméras de vidéosurveillance du night-shop sur la base des vêtements très reconnaissables qui ont été retrouvés dans sa chambre.

Le magistrat poursuit. "Il reste quand même pas mal de choses qu’on vous reproche. Comment expliquez-vous cela ?"

L’autre dit du bout des lèvres : "Des erreurs que j’ai commises." Et les coups, les violences ? "Vous frappez souvent les gens ?"

Le prévenu jette avec arrogance : "J’ai pas envie de parler de ça." La procureure réclame une peine de 5 ans de prison ferme. Jugement le 11 mars.