Un millier de photos? `Je ne les ai pas comptées´, dit Michel Bourlet!

SAINTE-ODE Hier dimanche, le parquet de Neufchâteau a confirmé que son juge vedette, Jean-Marc Connerotte, avait délivré six (6!) mandats d'arrêt dans un dossier de moeurs avec pour victime une jeune fille de 14 ans. L'affaire éclate à Sainte-Ode, près de Bastogne (voir déjà nos informations parues dans nos éditions de dimanche). Dans les cartons du juge, il est question photos à l'appui d'une gamine que plusieurs adultes se refilaient depuis ses douze ans.

Arrêtés, le propre père de l'enfant, Pascal, ex-patron de café à Bastogne; sa compagne, Muriel; un bûcheron, Michel Lambert; un fonctionnaire du barrage de Nisramont, Freddy Meunier. Et un médecin connu dans le pays, le Dr Didier Stéphenne, 45 ans, marié, père de famille, interpellé chez lui, à Amberloup, par le juge himself qui s'était déplacé avec un représentant du conseil de l'Ordre pour perquisitionner son cabinet. Tous sont inculpés de viol sur mineure de moins de 15 ans. Y compris le médecin, seul à nier.

Dans cette affaire, le juge Connerotte a saisi chez le père de l'enfant de très nombreuses photos édifiantes. Nous parlions, hier, d'un millier de photos. Michel Bourlet se contentait d'indiquer ne pas avoir pris le temps de les compter...

Des photos tendent à prouver que la jeune fille est régulièrement abusée sexuellement depuis deux ans par tous ces amis de son père et de sa nouvelle compagne, Muriel.

L'affaire est mise à l'instruction en décembre. La jeune fille, interrogée, ne se contente pas de mettre son père en cause. Elle parle de partouzes organisées. Connerotte, prudent, l'a fait examiner par un pédo- psychiatre et par un légiste. Ceux-ci ne paraissent pas devoir mettre en doute la parole de l'adolescente.

Les premières arrestations interviennentmi-décembre. Les suspects peuvent difficilement nier: ils se trouvent sur les photos. Dernier à tomber, le Dr Stéphenne, qui bricole dans son grenier quand le juge Connerotte vient frapper à sa porte, mercredi dernier, sur le coup de 15 h...

Le Dr Stéphenne, à la différence des autres, ne se trouve sur aucune photo. Dans son cas, c'est la parole de la jeune fille contre la sienne. Le médecin l'a effectivement comptée comme patiente. D'autres de ses patients sont aussi cités dans l'enquête. Pour l'adolescente, il est soupçonné d'avoir fait payer certaines consultations `en nature´.

`Tout ça est faux, archifaux´, s'insurge le Dr Stéphenne dont le mandat d'arrêt vient pourtant d'être déjà prolongé d'un mois par la chambre du conseil de Neufchâteau. L'affaire sera examinée, en appel, à Liège, par la chambre des mises en accusation.

Son épouse croit et soutient pleinement son mari. Elle crie à la manipulation, au délire d'une jeune fille dont elle imagine pour tenter d'expliquer qu'elle aurait pu tomber amoureuse.

Pour l'épouse, le juge Connerotte est en train de commettre une erreur judiciaire catastrophique. Elle n'est pas la seule à Sainte-Ode à rappeler ce film avec Jacques Brel, Les risques du métier! Sainte-Ode où le médecin possède depuis quinze ans un cabinet important qui faisait de lui un des notables de la région.