Accusés d’avoir magouillé avec un dépanneur pendant une dizaine d’années, huit policiers locaux –  dont un commissaire – auraient dû prendre place en ce jour sur les bancs du tribunal correctionnel de Bruxelles, mais ils ne seront finalement que six, deux d’entre eux étant décédés entre-temps.

Fabrice, 50 ans, Eddie, 63 ans, René, 60 ans, Paul, 64 ans, Patrick, 59 ans et Pascal, 43 ans, risquent en théorie jusqu’à cinq années de prison pour s’être laissés corrompre par un dépanneur bien connu des automobilistes bruxellois : Alain, 57 ans, et ses sociétés de dépannage. Les dépanneuses Orange et Radar.

De 1995 à 2005, nos présumés ripoux auraient procédé pour son compte à des dépannages administratifs massifs sur Ixelles et Etterbeek et lui auraient au passage fourni des informations sensibles pour qu’il puisse non seulement dresser de fausses factures de dépannage surgonflées, mais aussi remporter un marché public émis par une zone de police bruxelloise.

En contrepartie, les policiers auraient, entre autres, obtenu que leurs frais de GSM soient payés et que leurs véhicules personnels soient entretenus par le mécanicien attitré du dépanneur. Ils auraient également touché des pots-de-vin dont l’ampleur n’a pour l’heure pu être déterminée.

Le dépanneur Alain aurait quant à lui omis de déclarer plus de 400.000 euros en établissant ses comptes annuels (2001 à 2005) et aurait payé plus de 90.000 euros de rémunérations au noir (2003 à 2005).

Il se serait, en sus inventé, des frais fictifs pour un montant de près d’un million et demi d’euros en émettant de fausses factures soi-disant relatives à de nombreux achats de vêtements promotionnels, travaux de nettoyage et frais de sponsoring de courses automobiles !

Objectif  ? Occulter son chiffre d’affaires réel, réduire son imposition et, surtout, constituer une solide caisse noire  !

“Mon client nie avoir corrompu des policiers. Il reconnaît par contre leur avoir rendu des services gracieusement”, commente l’avocat du dépanneur, Frédéric Clément de Cléty. Quant à la falsification de la comptabilité… “Il l’explique par le fait qu’il a payé une partie des heures supplémentaires de son personnel au noir.”

Faux et usage de faux, fraude fiscale, corruption et association de malfaiteurs sont pourtant les chefs d’inculpation retenus par le parquet de Bruxelles.