L'association dénonce les méthodes modernes du crime organisé

BRUXELLES Myrianne Coen est une diplomate qui fut affectée à l'ambassade de Belgique en Bulgarie, jusqu'au 19 mars 1997, le jour où il lui arriva malheur.

Depuis deux ans, elle dénonçait à ses supérieurs et au ministère des Affaires étrangères la délivrance de visas touristiques de complaisance qui permettaient à des mafieux bulgares, avec la complicité d'employés de son ambassade, de se livrer à de la traite d'humains, à des trafics de stupéfiants, d'armes et de viande avariée.

Le 19 mars 1997, elle fut agressée au sein de l'ambassade belge à Sofia et découverte exsangue, à côté du bureau de l'ambassadeur. Elle ne dut son salut qu'à l'intervention d'une subalterne qui réussit à la faire hospitaliser.

Les Affaires étrangères belges ont ensuite décidé de laisser tomber Myrianne Coen, mais un jugement du tribunal des référés de Bruxelles a obligé le ministère à la réintégrer dans les circuits diplomatiques. Les pratiques qu'elle dénonçait à l'ambassade belge à Sofia ont provoqué une instruction judiciaire qui s'est étirée pendant plus de dix ans et qui a vu se succéder six juges d'instruction.

La semaine dernière, le tribunal correctionnel de Bruxelles a souligné les nombreux dysfonctionnements de cette enquête mais a déclaré l'extinction des poursuites pénales par prescription.

Sur le plan civil, une ancienne secrétaire de l'ambassade et un organisateur de voyages touristiques ont été reconnus coupables.

Hier, Myrianne Coen et José Dessart, le journaliste bien connu, responsable avec d'autres de SOS Legalita en Belgique, ont dit regretter que, "suite aux manquements de plusieurs magistrats dans cette procédure", le tribunal n'ait pas été en mesure de condamner les responsables des infractions. Avec, pour conséquence, disent-ils, que "les membres du réseau criminel sont toujours en liberté".



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