La Ligue des droits de l’homme est indignée par des excès de violences

BRUXELLES Le 12 octobre, Niki, jeune indignée, se fait frapper au visage par un policier lors d’une manifestation au siège bruxellois de Dexia.

Alexis Deswaef, représentant de la Ligue des droits de l’homme (LDH), fait part de son indignation : “Il ne s’agit pas d’un cas isolé. Lors de rassemblements, les interventions des forces de police sont disproportionnées. Mais ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied en violant le principe de légitime confiance.” La population avoue avoir une perte de confiance en les forces de l’ordre qui sont censées garantir la sécurité.

“On est loin du compte , rajoute M. Deswaef. On a du mal à croire qu’ils sont formés à gérer le stress et l’agressivité. Il y a un réel problème au sein de l’enseignement délivré aux agents.”

Niki n’est en effet pas un cas isolé, la LDH fait référence à de nombreux autres cas de violences policières… Qui n’ont jamais connu de suite vu l’absence de preuves tangibles.

“On doit prendre la peine de changer les mentalités dans la police” , rajoute Olivier Stein, l’avocat de Niki.

Une explication à cette montée excessive de violence ? La lassitude de la police face aux mouvements de contestation. Une solution “absolument intolérable ”, selon Me Stein, est mise en place par les forces de l’ordre : les arrestations préventives de dizaines de personnes dans le but de prévenir d’éventuels débordements.

Face à ces mesures, M. Deswaef apporte ses propres éléments de réponse : “Il est nécessaire de mettre en place une meilleure inspection interne et de meilleurs enseignements. À côté de ça, le parquet se doit d’être plus réactif pour éviter les non-lieux.”

L’Inspection générale qui traite des plaintes portées à l’égard des policiers parle de diminution du nombre de plaintes en 2010. La Belgique reste cependant connue pour ces accès de violence démesurés de la part des policiers lors de rassemblements pourtant pacifistes. “Cette malheureuse affaire qu’est celle de Niki sera un bon test pour la justice belge. Nous croyons en une condamnation du policier , conclut M. Deswaef. Il est inconcevable de criminaliser comme cela la solidarité sociale.”



© La Dernière Heure 2011