Ancien de l’antigang de la PJ de Bruxelles, Alex Deloyer a deux choses à dire sur les tueries du Brabant.

La première: à l’arrière du Colruyt de Nivelles (trois victimes, en septembre 1983), les enquêteurs trouvèrent, accroché à du fil barbelé, un morceau de tissu pouvant provenir d’un vêtement d’un auteur : nous maintenons le conditionnel.

Sauf qu’en audition au GRB, un des suspects de la filière boraine a fourni cette précision qu’il ne pouvait connaître que s’il avait été présent. S. D., qui l’interrogeait (toujours vivant), est connu pour avoir toujours été d’une correction parfaite. "Cela fait trente ans que je m’interroge, confie Alex Deloyer. Ce détail ne s’invente pas. Il fallait se trouver sur les lieux."

Pour rappel, les membres de la bande boraine ont été acquittés pour les faits liés aux tueries du Brabant. Mais la piste est-elle écartée ? En 2015 (DH 24/7/2015), nous annoncions que le procureur Christian De Valkeneer, sachant (le chef de bande suspecté) Michel Cocu très malade, s’était rendu chez lui pour l’inviter à dire ce qu’il savait. Cocu, un ancien policier, avait refusé. Il est décédé en 2016.

Deuxième chose : une des premières victimes des tueurs fut Constantin Angelou, chauffeur de taxi indépendant à Bruxelles. Le commissaire Deloyer confie que, pur hasard, il a contrôlé Angelou, la nuit de l’assassinat, vers minuit, alors qu’il était en attente de client, avenue de l’Hippodrome à Ixelles. "Il me disait qu’il terminait et allait boire un café (grec) et rentrer chez lui."

C’est, évidemment, l’adresse qui interpelle : l’avenue de l’Hippodrome à Ixelles. Encore une fois, ce quartier est très régulièrement cité, avec Watermael-Boitsfort, dans l’enquête (relire par exemple notre article du 11 mai 2017). Sûr, quelque chose se passait là.