Dans une interview-fleuve accordée au Soir, l'avocat Sven Mary revient sur le procès du terroriste Salah Abdeslam en 2018 et les propos du ministre de l'Intérieur de l'époque, Jan Jambon (N-VA), qui avaient "mis sa vie" et celle de ses proches "en danger".

Le 8 février 2018, à l'occasion du procès de Salah Abdeslam pour la fusillade de la rue de Dries à Forest, son avocat Me Mary a plaidé l'irrecevabilité des poursuites pour un problème d'emploi de langue. Trois jours plus tard, Jan Jambon - aujourd'hui ministre-président de la Flandre - déclarait sur le plateau de la VRT qu'il trouvait scandaleux que l'avocat ait plaidé un problème de procédure.

En conséquence, la protection policière sous laquelle l'avocat et sa famille étaient déjà placés a dû être considérablement renforcée. "Jusque-là, on ciblait une éventuelle attaque d'ordre terroriste. Mais là, en 24 heures, le barrage était ouvert, laissons couler! Le danger venait de partout, de n'importe quel quidam, d'un internaute, d'un excité. (...) Tous les gens autour de moi étaient visés."

"Cet homme-là, Jan Jambon, a décidé que j'étais le mauvais. Et par ses propos, il a mis la vie de mes proches et la mienne en péril. J'aurais aimé participer à un débat face à lui, mais il n'a jamais accepté."