Jürgen Conings est un militaire âgé de 46 ans. Il figure sur la liste des terroristes et extrémistes de l'Ocam, pour sa sympathie avec l'extrême droite, a indiqué mardi soir le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborn.

"Jürgen Conings mesure environ 1m80 et est de corpulence musclée. Il est chauve et arbore des tatouages, notamment aux bras (au-dessus du coude)", le décrit l'avis de recherche publié par la police fédérale ce mercredi.

Le Flamand a été recruté dans les forces armées en 1992. Il était en poste à la caserne de Peutie et exerçait notamment la fonction de sniper et d'instructeur de tir pour l'armée belge. D'après son CV, que nos confrères de HLN ont pu consulter, il a participé à des missions en ex-Yougoslavie, en Bosnie, au Kosovo, au Liban, en Irak et en Afghanistan en 2011. Le soldat est un tireur d'élite très expérimenté.

L'homme est soudeur de formation et a aussi travaillé dans le département de réparation des armes, précise HLN.

"Un homme musclé au cœur tendre" ou "un fou" ?

Ses proches décrivent le soldat comme "un homme musclé au cœur tendre”. Dur avec des inconnus mais qui aurait tout fait pour sa famille. Jürgen Conings est divorcé et père de deux enfants. Il est un adepte de fitness.

Du côté de ses collègues de la Défense, on entend un tout autre son de cloche. Ils perçoivent Jürgen Conings comme étant “un fou d’armes d’extrême droite qui n’a pas peur de la violence” et “un anti-vaccin qui a une dent contre Marc Van Ranst”. Son comportement parfois violent et raciste lui a valu plusieurs réprimandes de ses supérieurs.

Avant sa disparition, le suspect a laissé une lettre de menace contre "le système et les virologues". En effet d'après ses proches, toujours cités par HLN, Jürgen Conings était frustré par les mesures sanitaires et avait déjà fait état du mal qu'il pensait de Marc van Ranst, sur le ton de l'humour, précisent-ils.

Le quadragénaire aurait aussi mal vécu le décès de ses deux parents lorsqu’il était en mission à l'étranger. “Peut-être que cela l’a tellement rongé qu’il a voulu se venger en commettant un attentat ?”, se demandent ses proches.

Alexander De Croo: "Comment a-t-il pu emporter des armes?"

Le Premier ministre Alexander De Croo est perplexe : "Comment quelqu’un d’actif au sein de la Défense, qui se trouve sur une liste de la Sûreté en tant que personne aux idées extrémistes, et qui a déjà proféré des menaces, a eu accès à des armes et a pu les emporter ?"

Depuis deux ans, la Sûreté d’État, le renseignement civil en Belgique, s’inquiète de la menace grandissante que font courir des extrémistes de droite, évoquant notamment "une tendance à l’armement" dans ces milieux afin de préparer des actions violentes. " La principale menace provient de ces individus connus sous le nom de ‘lone actor’(acteurs isolés, NdlR), qui se radicalisent et planifient seuls des actions violentes ."

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