Faits divers Le Verviétois Tarik Jadaoun serait aux mains des services de sécurité américains.

Tarik Jadaoun, 28 ans, un djihadiste originaire de Verviers lié au groupe terroriste État islamique (EI), dont la mort était annoncée début août, serait en réalité toujours en vie. Il se trouverait en Irak, aux mains des services de sécurité américains, écrivent jeudi De Standaard et Het Nieuwsblad.

Tarik Jadaoun, alias Abu Hamza Al-Belgiki, est connu sous le nom de "nouvel Abaaoud", du nom d’Abdelhamid Abaaoud, le leader des commandos ayant perpétré les attentats de Paris en novembre 2015.

Plusieurs médias rapportaient début août la mort de ce djihadiste belge, après la reprise de Mossoul par l’armée irakienne.

Cependant, les journaux flamands ont obtenu, de sources au sein des services de sécurité, l’information qu’il n’en était rien : Tarik Jadaoun est toujours en vie. Il aurait en réalité été emprisonné en Irak, après la bataille de Mossoul. Il aurait ensuite été amené dans le plus grand secret vers une région contrôlée par les combattants kurdes de l’YPG et se trouverait désormais en prison. Tarik Jadaoun aurait été largement interrogé dans sa cellule par les services de sécurité américains.

On ignore s’il leur aurait révélé quelque chose. Si l’information venait à se confirmer, ce ne serait pas la première fois qu’une figure dirigeante de l’État islamique met en scène sa propre mort afin de tromper les forces de sécurité occidentales. Abdelhamid Abaaoud avait recouru au même procédé.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a déclaré juste avant le Conseil des ministres restreint qu’il appartenait désormais aux autorités judiciaires de contacter l’Irak et éventuellement les États-Unis afin d’obtenir davantage d’informations. "Nous attendons davantage de précisions de la part de différents partenaires", a-t-il indiqué.

L’existence de la menace causée par Tarik Jadaoun avait été révélée dans La DH, en septembre 2016. En mai dernier, la fiche de police de Jadaoun avait été diffusée sur le réseau social Twitter, alors qu’il était supposé être en chemin pour frapper la France, avec deux complices. La gare du Nord, à Paris, avait même été évacuée alors qu’une guichetière de la SNCF avait cru, à tort, avoir reconnu le Verviétois, indique Mediapart.

Deux semaines plus tard, une vidéo non datée était diffusée, le montrant en Irak. Pour brouiller les pistes ? Depuis son arrivée dans les rangs de l’État islamique, Tarik Jadaoun semble s’attacher à ne jamais être là où on l’attend…