Faits divers Pendant 20 ans, Daniel a abusé d’enfants sous le regard de sa femme. Des dizaines de victimes…

BRUXELLES Condamnés pour des faits de viols sordides, Daniel P. et Nadine N. formaient un couple de témoins de Jéhovah.

Hier, Daniel P. a écopé de 6 ans de prison ferme. Nadine a été condamnée à 3 ans, avec sursis complet.
Des peines sévères pour des faits d’une gravité extrême. Voyez plutôt : 11 mineures victimes d’attentats à la pudeur, 7 abus de confiance sur le Net et deux viols. Selon l’accusation, des dizaines d’enfants sont victimes. Certains n’ont sans doute pas trouvé la force de déposer plainte. Les abus se sont étalés sur une période extraordinairement longue de 20 années.

La perversité de Daniel n’avait aucune limite. Mais ce qui est plus choquant encore, c’est la passivité de sa femme. Nadine N. a reconnu avoir été témoin de certaines scènes mais elle s’est tue. Elle a avoué avoir entendu les enfants gémir et crier alors qu’ils étaient contraints de partager le lit du prévenu. Elle l’a d’ailleurs surpris en érection dans la chambre en présence des enfants.

Elle ne voulait plus avoir de relations sexuelles avec son mari et a donc cédé “volontiers” sa place dans le lit conjugal.
Aujourd’hui encore, elle lui a accordé son pardon. À l’audience, les deux prévenus voulaient s’enlacer, comme ils l’ont fait à l’issue des débats. Cette fois, cela leur a été refusé. Ils pourront se voir… en prison.
Le dossier éclate en mai 2005 lorsque deux jeunes femmes dénoncent les faits. Les premiers abus datent de 1986. Le couple s’attachait à donner une bonne image dans le quartier. C’est ainsi qu’il rendait service en accueillant les enfants lorsque les parents étaient au travail.

Avec les années, le prédateur Daniel P. a adapté ses techniques. Il a ainsi apprivoisé Internet pour encore abuser, notamment en se faisant passer pour un ado et en fixant rendez-vous à des jeunes filles. Sur place, il affirmait être l’oncle de l’ado.

Au fil des auditions, le prévenu a minimisé les faits. Mieux encore, il a rejeté la faute sur sa femme, ou sur les victimes en les considérant comme des filles de joie alors que certaines victimes n’avaient que 4 ans. Il a aussi rejeté la faute… sur les autorités qui n’ont pas réagi à temps.

Hier, à l’audience, une victime était présente. Elle n’a pas pu se constituer partie civile, car les abus la concernant étaient prescrits. Une réalité difficile à accepter. Sa mère, elle, avait aussi une pensée pour un autre jeune homme du quartier qui s’est donné la mort. Sans raison apparente. Elle se demande si, lui aussi, n’aurait pas été abusé.