Faits divers Hamza B., dirigeant présumé d’une organisation terroriste, a rencontré le commanditaire de l’attentat avorté de Villejuif.

L’information avait été secrètement gardée. Hier matin, le président Pierre Hendrickx a interrogé Hamza B., jugé comme dirigeant d’organisation terroriste, sur ses liens avec un certain Fabien Clain.

Ce Français de 35 ans, originaire de La Réunion, est considéré comme l’un des initiateurs du projet d’attentat contre une église de Villejuif, le 19 avril dernier. Il vit depuis début 2014 en Syrie et participe depuis le Proche-Orient à la planification des opérations extérieures de l’État islamique. C’est là qu’il aurait demandé à Sid Ahmed Ghlam, un étudiant algérien de 24 ans, de réaliser un attentat préparé durant de longs mois.

Mais les projets de Ghlam ont été interrompus grâce au courage d’une jeune femme, Aurélie Châtelain, qui l’a payé de sa vie. Touché à la jambe, Ghlam avait finalement été interpellé. Mis en examen pour assassinat, le jeune homme est toujours en détention préventive en France.

Surnommé Omar, Fabien Clain s’était fait connaître dans la région de Toulouse, dans le sud de la France, où il était suivi par les renseignements français depuis 2001. En 2009, il est condamné à cinq ans de prison et incarcéré dans le cadre d’un dossier d’envoi de candidats à l’attentat suicide en Irak.

C’est là que le Bruxellois Hamza B. intervient. Il apparaît que lui et un certain Mohammed S., son patron dans un commerce de gâteaux et tiramisu, sont allés rendre une petite visite à Fabien Omar Clain. Les deux hommes étaient membres des réunions raclettes, ces rassemblements d’amis aux idées radicales. Pour le parquet fédéral, il s’agit de réunions de préparation au djihad. Pour Hamza B., ce sont de simples fêtes entre amis autour d’une raclette, d’une PlayStation et de mangas.

En 2013, Hamza B. et Mohammed S. sont allés visiter Fabien Clain à deux reprises, notamment lors de sa sortie de la prison d’Alençon (Somme). "Mohammed était mon patron et il m’a demandé de l’accompagner car ça l’ennuyait de faire la route seul", indique Hamza B. "Il connaissait Fabien Clain lorsqu’il était adolescent, je l’ai suivi parce que c’était mon patron."

À l’audience , Hamza B. a dit n’avoir même pas adressé la parole à Clain, devenu l’un des gourous français du radicalisme.

Hamza B. a été en détention préventive du 10 octobre 2014 au 25 mars 2015. Il a été placé sur écoute téléphonique intensive durant une année entière, et les résultats ont été "mitigés", selon les termes du président de la 70e chambre. Depuis le début de l’audience, il multiplie les bons mots, les traits d’humour, au risque de franchir la barrière de la moquerie. Mais les éléments à charge contre lui ne sont pas légion, bien qu’il encoure 20 années de réclusion criminelle. Le procès se poursuit jeudi et jusqu’à la semaine prochaine.


Les jumeaux stars du futsal jugés pour terrorisme

Ils sont nés en 1981, sont frères jumeaux et ont fait les beaux jours de l’équipe nationale de Belgique de futsal au début des années 2000. Tous deux avaient même donné des interviews à la DH dans le cadre de leur sport favori…

Ils sont aujourd’hui jugés pour participation aux activités d’un groupe terroriste. Détenu, Abdelfattah Aharchi, défendu par Me Sven Mary, est le seul à être présent. Son frère Kamal fait défaut : il serait toujours en Syrie, selon les informations du parquet fédéral.

Il est reproché à Fattah d’être allé faire un voyage en Turquie avec sa famille, dans un simple but touristique.

"Je reconnais qu’avec mon frère, Kamal, nous avions projeté de nous rendre en famille en Turquie pour des vacances, fin mars 2013. Mais le projet a échoué parce que mon épouse et celle de mon frère ne s’entendaient pas. Finalement, je ne suis pas parti et mon frère non plus." En février 2014, Fattah Aharchi est parti en Syrie. Il nie les faits. Parmi les éléments en possession du parquet fédéral, des contacts téléphoniques entre Hamza B., le chef présumé de l’organisation, et Fattah Aharchi.

Sur internet, un groupe Facebook de soutien à ce trentenaire est tenu par sa famille et a réuni 288 personnes. Il crie à la "détention abusive" et demande sa libération.