Si le verdict du procès George Floyd a été accueilli avec euphorie outre-Atlantique, les réactions du collectif Belgian Youth Against Racism, qui œuvre pour une société antiraciste et une meilleure représentation des minorités, sont davantage modérées.

"Le verdict en lui-même ne signifie pas grand-chose", affirme Aimé Schrauwen, membre du collectif, à nos confères de De Morgen. "Il est normal que quelqu'un qui est pris en flagrant délit soit condamné. Je suis même choqué par toute cette attention: la justice ne devrait pas être une nouveauté, elle devrait être la norme", insiste-t-il.

Un élément déclencheur

Les représentants du collectif voient tout de même en l'affaire George Floyd un élément déclencheur, qui a permis une conscientisation des inégalités raciales à l'échelle internationale: "La condamnation a été une étape importante pour montrer que les policiers sont tenus responsables de leurs actes", déclare le fondateur du mouvement, Anis Agris. "Grâce au tollé mondial, les gens ont compris qu'il y a effectivement quelque chose de structurellement mauvais dans le système. Quel que soit le passé d'une personne, une personne de couleur ne devrait pas avoir à craindre pour sa vie lorsqu'elle entre en contact avec la police."

Mais la condamnation de Derek Chauvin pour le meurtre de Floyd ne fait pas oublier les épisodes de violences policières qu'a connus la Belgique récemment. "Je pense qu'il est important de se rappeler qu'en Belgique, nous avons aussi notre propre George Floyd. Nous regardons tous vers les États-Unis aujourd'hui, mais chez nous aussi, il y a des victimes de brutalités policières excessives", souligne le fondateur du collectif. "Ce jugement aux Etats-Unis ne change rien chez nous. Il n'y a toujours pas de justice pour Adil ou Mawda", renchérit Aimé Schrauwen.