Vingt-neuf personnes ont été interpellées à la suite de 54 perquisitions menées ces lundi et jeudi en Belgique.

Ce sont 29 personnes, parmi lesquelles 3 policiers et un ancien gendarme, qui ont été interpellées à la suite d'une série de 54 perquisitions menées le lundi 28 septembre et ce jeudi 1er octobre en Belgique (19 dans le Limbourg, 33 dans la région d'Anvers et 2 en Flandre orientale). Dans le même temps, 13 autres perquisitions ont été réalisées aux Pays-Bas (7), en Espagne (3) et au Royaume-Uni (3). 

Ce sont déjà 16 suspects qui ont été placés sous mandat d'arrêt et inculpés entre autres d'importation de stupéfiants, de blanchiment d'argent et d'appartenance à une organisation criminelle. Une autre a été libérée sous conditions et 2 personnes ont pu disposer après audition. Le juge d'instruction doit encore se prononcer pour les autres individus interpellés. Lundi, près de 1,3 million d'euros en espèce, 700.000 euros sur des comptes en banque et 62.000 euros en actions ont été saisis, de même que des armes et une quarantaine de véhicules.

Aux Pays-Bas, trois personnes ont été privées de leur liberté en vue de leur remise prochaine à la Belgique. De plus, 66.850 euros et 9 fusils ont été saisis.

En Espagne, une personne a été arrêtée et 35.000 euros en espèces confisqués, de même qu'une arme et une quinzaine de véhicules.

L'organisation démantelée disposait d'un arsenal technique permettant de retirer des cargaisons de containers à leur arrivée à Anvers.

L'enquête a été ouverte à la suite de la saisie, fin 2019, de 2.800 kg de cocaïne dans un container destiné à une entreprise de Maasmechelen. Une seconde cargaison de 650 kg a été saisie dans la suite de l'enquête et quatre suspects ont été arrêtés en rapport. Les enquêteurs estiment que l'organisation a importé encore 10 cargaisons. En supposant que la quantité minimale est de 650 kg, le chiffre d'affaire est évalué à au moins 195 millions et la valeur marchande à 325 millions d'euros.

"Ces dernières années, les deux arrondissements judiciaires (du Limbourg et d'Anvers, NDLR.) ont été confrontés à des organisations criminelles professionnelles qui importent non seulement de grandes quantités de drogues, mais qui tentent de blanchir le produit de ces activités à grande échelle", a remarqué le parquet fédéral. "Il est régulièrement fait usage de violences graves à cette fin".

L'enquête a mis en lumière des accords de coopération entre différentes organisations, ainsi que des hommes de paille pour permettre à des membres de l'organisation d'opérer dans l'ombre. Les enquêteurs soupçonnent des implications dans différents pays européens. L'enquête a permis de mettre à jour "une image claire des responsables des différentes structures de blanchiment et de la manière dont l'argent est finalement injecté dans notre société", a souligné le parquet fédéral.

La police judiciaire fédérale (PJF) du Limbourg a notamment pu compter sur l'appui de la PJF d'Anvers, sur les unités spéciales et sur des enquêteurs de zones de police locales.