Faits divers

Au moins 28 personnes ont trouvé la mort dans un effroyable accident de car belge en Suisse. 21 victimes seraient belges et 7 hollandaises. Trois autres enfants sont toujours dans un "état sérieux"

BERNE Trois des 24 enfants blessés dans l'accident d'autocar survenu mardi soir en Suisse sont dans "un état sérieux" et sont hospitalisés à l'hôpital universitaire de Lausanne, a déclaré mercredi le médecin-chef urgentiste du canton, le Dr Jean-Pierre Deslarzes.

Leur état est "inquiétant", a ajouté le médecin, indiquant lors d'une conférence de presse à Sion "qu'ils sont plus gravement touchés que les autres, avec des lésions potentiellement graves".

"Il y a donc trois blessés graves parmi les 24 enfants blessés", a-t-il dit.
Dans un communiqué, l'hôpital du Valais à Sion a précisé que vingt enfants étaient hospitalisés dans le canton du Valais.

Six enfants, pris en charge à Viège, souffrent de blessures légères et pourraient, d'un point de vue médical, quitter l'hôpital dans la journée, selon le communiqué.

Plus grièvement atteints, les quatorze enfants hospitalisés à Sion sont répartis entre les services des soins intensifs, des soins continus et de pédiatrie.

A l'exception de deux blessés, tous les autres enfants ont été identifiés. Dans la plupart des cas, des contacts ont déjà été établis avec les parents, a précisé le Centre hospitalier universitaire vaudois.

Une cellule d'accueil pour les parents, avec la présence de psychologues et de traducteurs, a été mise sur pied, a ajouté l'hôpital.

Une délégation belge sur place

La présidente suisse Eveline Widmer-Schlumpf et la délégation gouvernementale belge conduite par le Premier ministre Elio Di Rupo ont déposé mercredi soir, dans la plus stricte intimité et avec beaucoup d'émotion, des gerbes à l'endroit de l'accident d'autocar qui a coûté la vie mardi soir à 28 personnes, dont 22 enfants.

A l'abri des regards de la presse, à l'exception d'un journaliste de l'agence Belga, ils se sont recueillis face au mur vert du tunnel autoroutier, près de Sierre (Valais), où le car a terminé sa course.

Un policier suisse a fourni quelques brèves explications sur les constations effectuées, montrant l'endroit où l'autocar a commencé à dévier de sa trajectoire, le mur qu'il a heurté à l'entrée du refuge et l'autre un peu loin qu'il a fini par percuter frontalement et qui porte encore les stigmates du choc.

L'ambiance était grave dans ce tunnel désert, toujours fermé à la circulation plus de 20 heures après le drame.

Elio Di Rupo et sa délégation se sont ensuite rendus à l'hôtel où une partie des familles des victimes est hébergée.

Barack Obama présente ses condoléances

Le président américain Barack Obama a présenté mercredi ses "profondes condoléances" aux victimes et à leurs familles après l'accident d'autocar survenu en Suisse et qui a coûté la vie à 28 personnes, dont 22 enfants scolarisés en Belgique.

"Le président adresse ses condoléances les plus profondes aux victimes et à leurs familles après l'accident d'autocar survenu la nuit dernière en Suisse. La perte de si nombreuses vies si jeunes brise le coeur", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain (NSC), Tommy Vietor.

AG Insurance prendra en charge l'indemnisation des victimes

La société AG Insurance indemnisera les victimes de l'accident d'autocar survenu à Sierre mardi soir, ainsi que leurs proches, dans le cadre de la responsabilité civile automobile de la société Toptours, a-t-elle indiqué mercredi.

La législation belge assure des indemnisations supérieures à la somme minimale de 220.000 euros par victime ou par proche, prévue par un règlement européen qui sera prochainement d'application, a expliqué Wauthier Robyns de Schneidauer, membre du comité de direction de l'Union professionnelle des entreprises d'assurances (Assuralia).

Cela prendra probablement plusieurs mois avant qu'AG Insurance propose un montant précis aux victimes et à leurs proches, notamment les parents ou les frères et soeurs, a expliqué la société d'assurance.

La responsabilité civile couvre tous les dégâts subis, qu'ils soient matériels ou moraux. AG Insurance remboursera de toutes façons les frais médicaux et funéraires des passagers.

La société, qui a déjà pris contact avec les deux écoles concernées, demandera prochainement différentes informations aux familles des victimes afin d'estimer le préjudice subi. La société d'assurance fera ensuite, sur base des réponses reçues et d'expertises médicales, une proposition financière aux familles.

Une négociation entre les victimes et la société d'assurance s'enclencherait en cas de refus de la proposition d'indemnisation. Un tribunal civil serait alors chargé de trancher en dernier ressort si le désaccord persiste, sur base d'un

Toujours aucune information pour les parents

"Cinq enfants ont entre-temps pris contact avec leurs parents. Nous n'avons pas d'autres informations sur les dix-sept autres enfants", a indiqué un échevin de Lommel. Mais à 18h30, tous les autres parents restaient dans l'incertitude quant au sort de leur enfant alors qu'ils approchaient du lieu du drame.

Un jour de deuil national

Le gouvernement belge a annoncé un jour de deuil national. Les blessés ont été répartis dans six hôpitaux de la région, a également spécifié la ministre de la Santé Laurette Onkelinx, à l'issue d'un comité ministériel restreint.

"Beaucoup sont encore dans un état grave, dont trois dans le coma, présentant des lésions cérébrales et thoraciques", a ajouté la ministre.

Vingt-huit personnes ont perdu la vie dans l'accident, dont 22 enfants, 4 accompagnateurs et les 2 chauffeurs.

"C'est un jour difficile pour le pays. Tous les Belges partagent l'immense chagrin des familles", a commenté le Premier ministre Elio Di Rupo, peu avant de prendre l'avion pour Genève.

Le gouvernement belge a décidé, vu l'ampleur de l'accident, son caractère exceptionnel et l'émotion générée, de décréter un jour de deuil national, dont les modalités doivent encore être spécifiées.

En début d'après-midi, une équipe de huit urgentistes et collaborateurs psycho-sociaux de la Défense et de la Santé, ainsi que sept spécialistes du DVI (identification des corps) sont montés dans l'avion qui emmenait les premières familles de victimes en Suisse.

"Je suis passée sur les lieux quelques secondes après le crash"

Marielle, une Valaisanne qui partait rejoindre son travail de veilleuse de nuit, s'est confiée au site internet suisse Le Nouvelliste. Cette maman de deux enfants est donc passée dans le tunnel quelques secondes après l’accident mercredi soir. "J’ai pensé que cela venait d’arriver car j’ai vu des feuilles voler et le car a commencé à fumer", raconte-t-elle. "Il n’y avait encore personne, ni policier, ni pompier. Je me suis rendu compte que je ne pourrais rien faire seule et j’ai appelé les secours."

80 enfants de deux autres autocars rentrés en sécurité

Des psychologues et une antenne médicale sont également prévus, a indiqué mercredi le ministre de la Défense Pieter De Crem, en commission de la Défense de la Chambre.

Deux autres autocars transportant des écoliers belges étaient également en route mardi soir pour rejoindre la Belgique depuis la Suisse, en plus du car qui a eu un accident à Sierre.

Près de 80 élèves d'écoles primaires de Beersel et Haasrode étaient à bord de ces deux cars, qui sont arrivés sans encombre mercredi matin en Belgique, a indiqué Wilfried Van Herbruggen, président de Vereniging Openluchtklassen (VOK), l'association flamande des classes de plein air. Les enfants présents dans les deux autres bus n'ont pas vu l'accident, déclare Wilfried Van Herbruggen. Une aide aux victimes est à la disposition de ces enfants et de leurs parents s'ils le désirent.

Au total, ce sont donc des enfants de quatre écoles primaires qui étaient sur le chemin du retour après des classes de neige à l'Hôtel du Cervin à Saint-Luc. Cet hôtel est exploité par Intersoc, le service de vacances des Mutualités chrétiennes (MC).

Les enfants de deux écoles de Burcht et Berchem sont arrivés à l'hôtel du Cervin mercredi matin pour des classes de neige, a par ailleurs indiqué Wilfried Van Herbruggen.


© La Dernière Heure 2012