Le chauffeur de 52 ans avait satisfait aux contrôles médicaux périodiques obligatoires

SIERRE Nous arrivons à Aarschot, au siège de Toptours à qui appartient le car accidenté en Suisse.

Des bâtiments modernes, des installations qui inspirent confiance pour cette société à la très bonne réputation, spécialisée depuis un quart de siècle dans les voyages liés aux sports d’hiver. C’est la consternation chez Toptours. L’épouse du patron et l’employée à l’accueil ont les yeux rougis.

Leur chauffeur était un chauffeur expérimenté. Leur véhicule, un Van Hool de la dernière génération, bénéficiait de tous les équipements de sécurité. La société exclut en tout cas l’assoupissement du chauffeur. “Après une heure et demie de route ? Impensable !”

Classée dans le top 100 belge des sociétés de cars de tourisme, Toptours SA, créée en 1988, possède 12 cars dont plusieurs Astromega TD 927 qu’elle exploite sous la licence de transport A4323. Le Van Hool accidenté était également un car de la série T9, mais un Altano. Un double-deck parfaitement en ordre de contrôle technique, présenté à la mi-octobre et à représenter à la mi-avril.

Avec ceintures de sécurité sur tous les sièges. Bien que cela ne soit pas requis, Toptours avait prévu un double équipage, deux chauffeurs.

La firme d’Aarschot dispose au total de neuf chauffeurs, des professionnels attentifs, évidemment, à respecter les temps de conduite de 9 h maximum avec pause obligatoire de 45 minutes toutes les 4 h 30.

Tous les véhicules Toptours sont parfaitement adaptés aux conditions météo de montagne et les chauffeurs formés pour les routes amenant aux stations de sports d’hiver. Toptours a d’ailleurs créé son propre label, les Snowbus, aux couleurs beiges avec motifs brun foncé. Le car accidenté était un Snowbus.

La société dessert la Suisse mais aussi la France, l’Italie et l’Autriche. Et la Belgique applique des règles très strictes correspondant aux standards européens et allant même parfois au-delà.

Chez Toptours, personne ne comprend. Personne n’a fût-ce un début d’explication à ce choc frontal et violent en pleine ligne droite. En 2005, le tunnel suisse où l’accident est survenu sur l’A9 avait reçu la mention “bon ” en matière de sécurité.

Un incident mécanique ? Un pneu éclaté à l’avant ? Un instant de distraction, peu vraisemblable chez un professionnel du secteur ?

Un malaise ? Selon nos infos, le chauffeur de 52 ans avait satisfait aux contrôles médicaux périodiques obligatoires tous les cinq ans.

Chez Toptours, nous sommes reçus aussi par Patrick Bois d’Enghien, de la Fédération belge des entreprises d’autocars.

Même incompréhension. M. Bois d’Enghien est comme tout le monde : “La grande question : on ne comprend pas.”



© La Dernière Heure 2012