Avec deux autres soignants, ils étaient membres d'un groupe de messagerie fermé où étaient partagées des images compromettantes des résidents. Le fondateur du groupe écope de 18 mois de prison avec sursis et d'une interdiction professionnelle de 15 ans. Quatre femmes ont été condamnées à des peines de 12 à 18 mois de prison avec sursis. Deux autres ont quant à elles été acquittées car elles n'avaient pris ni partagé aucune photo.

Les cinq prévenus étaient poursuivis pour maltraitance, diffusion de contenu compromettant et traitement dégradant. Ils demandaient une suspension du prononcé ou une peine de travail. Ils ont admis que leur comportement était injustifiable et ont exprimé des regrets. Ils estimaient avoir déjà été sanctionnés par la médiatisation des faits depuis quatre ans, ainsi que par leur licenciement.

Les faits ont été révélés après une plainte auprès de la direction de la maison de retraite Sint-Pieter de Puurs. La plainte a été déposée par la partenaire de Stijn P., principal accusé dans cette affaire et fondateur du groupe de messagerie. Elle a signalé l'existence d'un groupe de messagerie fermé dans lequel les soignants partageaient des photos et des vidéos de personnes âgées démentes dans des situations compromettantes, notamment nues pendant les soins, dans le bain, aux toilettes ou encore nues dans leur lit portant une perruque de carnaval.

La direction a ouvert une enquête et déposé une plainte auprès du parquet. Les sept soignants membres du groupe ont été immédiatement licenciés. Ils ont été interrogés et des perquisitions à leurs domiciles respectifs ont permis de mettre la main sur de nombreuses preuves.

Deux femmes ont cependant été acquittées car aucun matériel n'a été retrouvé les concernant: elles faisaient partie du groupe mais n'avaient pris ni partagé aucune photo elles-mêmes.

Les cinq autres ont été condamnés jeudi: Stijn P. à 18 mois de prison avec sursis et une interdiction professionnelle de 15 ans et Ann C., Sarah V., Sonja S. en Karima E.M. à des peines de 12 à 18 mois de prison avec sursis.

Les juges ont estimé que ces photos constituaient une atteinte manifeste à la dignité humaine. "Ces personnes étaient dans un état impuissant et totalement à la merci des prévenus, qui, ce faisant, ont gravement trahi la confiance des résidents, de la maison de retraite et des membres de leur famille", a motivé le président Suzy Vanhoonacker.

Certains proches des victimes et le CPAS de Puurs-Sint-Amands ont intenté une action civile et ont reçu des dommages-intérêts pour tort moral et matériel.