Faits divers Un septuagénaire de Pont-de-Loup décède en manipulant l'un des pièges dont il avait garni sa maison

PONT-DE-LOUP Dans la nuit de samedi à dimanche, une patrouille de police a été envoyée à la rue Auguste Scohy, à Pont-de-Loup, pour ce qui avait été présenté comme une tentative de suicide. A leur arrivée, outre le corps sans vie de l'occupant des lieux, un septuagénaire tué par une balle de chevrotine au niveau de la carotide, c'est un véritable système explosif machiavélique qui a été découvert. Un engin artisanal élaboré par le défunt a d'ailleurs failli atteindre un policier qui avait ouvert un coffre.

La victime, Louis Dethy, qui aurait dû souffler ses 80 bougies le 5 novemvre prochain, avait truffé sa maison de multiples pièges, tous reliés à des objets communs de son intérieur. C'est d'ailleurs sans doute en réactivant l'un de ceux-ci que le vieil homme est décédé. Devant l'importance de l'arsenal, le service d'enlèvement et de destruction d'engins explosifs a été requis.

Dès 4 h du matin, les démineurs se sont mis à la tâche pour déjouer le système visant à éloigner, voire à tuer, quiconque s'approcherait trop des biens de Louis Dethy. Ceux qui semblaient visés étaient en réalité ses propres descendants.

Père de quatorze enfants, Louis Dethy, de l'aveu de ses voisins, reprochait à ses enfants de ne pas lui rendre visite et, en dressant ce plan diabolique, espérait les éloigner de son héritage. C'est en tout cas la thèse qui est ressortie des pemiers éléments de l'enquête.

Louis Dethy était un homme érudit. Retraité de Solvay, il était ingénieur de formation, ce qui explique sans doute l'ingéniosité du système qu'il avait élaboré. Pieux, il se rendait fréquemment à l'église et quittait son domicile pour faire ses courses ou entretenir son terrain. Ses voisins le considéraient comme quelqu'un de paisible, fort sympathique, dont on aurait en tout cas eu du mal à supposer qu'un jour il défrayerait de la sorte la chronique.

Pour les démineurs, l'opération a été pour le moins délicate. ` La maison était truffée d'engins explosifs, pour la plupart des armes de calibre 12 reliées à des objets´ a expliqué l'adjudant-chef Luc Bodaert. Les pièges étaient destinés à blesser voire à tuer ceux qui par inadvertance les auraient activés. Les démineurs ont travaillé jusque tard dans l'après-midi. Ils reprendront leurs activités dès ce matin pour déjouer les multiples pièges installés dans la quasi totalité des pièces de l'habitation.


© La Dernière Heure 2002