L’homme de 78 ans au centre des nouvelles fouilles se dit serein et rejette tout lien avec les tueurs du Brabant

HAECHT Herman Wachtelaer rejette tout lien avec les tueurs du Brabant. L’homme de 78 ans dit qu’il est serein, qu’il ne craint pas l’enquête, qu’il n’a rien à cacher, et qu’il ne comprend pas ce qu’on cherche. Herman Wachtelaer est néanmoins le personnage-clé des fouilles entamées lundi à Haecht autour d’un chalet retiré dans le bois de Wilde Heide. Selon lui, les policiers “perdent leur temps, ils ne trouveront rien”.

Wachtelaer est le fils d’un Waffen SS, un ancien aussi des Jeunesses hitlériennes. Nous l’avons rencontré : il exprime des opinions nazies. Wachtelaer a créé l’Union National Socialiste. Il a aussi créé Hagal, puis Yggdrasil… et c’est au siège de cette société secrète active dans les années 1980 à 2005 que les policiers recherchent, depuis lundi, un corps ou des armes en lien avec les tueries du Brabant. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Wachtelaer tombe des nues lorsque nous le rencontrons hier matin. Il n’a pas lu les journaux ni regardé les JT. Il ignore qu’on fouille chez lui à Haecht. Et éclate de rire. “Vrai ? C’est une blague ? Qu’est-ce qu’ils cherchent encore ?”

Wachtelaer a conservé une liste de membres d’Yggdrasil. Des noms en lien avec les tueries ressurgissent ! Ce sont ceux de gens du Westland Newpost ou WNP, groupuscule néo-nazi, un des grands axes d’enquête dans le dossier des tueries. Michel Libert s’inscrit chez Yggdrasil le 30 octobre 1982, Jean-Francis Calmette le 8 novembre, Christian Elnikoff le 20 décembre 1982, Frédéric Saucez le 31 mai 1983. Elnikoff devait se suicider plus tard, comme Paul Latinus en 1984 : “Mon ami Paul, un type bien, un gars de valeur qui ne s’est pas suicidé. On l’a suicidé.”

Wachtelaer dit avoir été interrogé 144 heures, entre mars et juillet 1989, dans le cadre des tueries. “Et toujours les mêmes questions ! Et les photos : Celui là, tu le connais ? Du temps perdu. Ils ne trouveront rien, parce qu’il n’y a rien à trouver.”

Début 1980, Herman Wachtelaer est chauffeur de taxi à Bruxelles. Comme l’étaient Constantin Angelou et José Vanden Eynde, deux victimes particulières des tueurs du Brabant : tuées après tortures, coup sur coup, et sans motif apparent. Les deux roulaient ou avaient roulé pour la firme STI, société des taxis indépendants. Wachtelaer était chez Orange et Autolux. “Non, je ne les connaissais pas. Ou alors de vue. Et je n’étais pas aux funérailles d’Angelou. Je m’en souviendrais, non ?”

Le fils Vanden Eynde affirme que son père était resté en contact avec Rex, Léon Degrelle et qu’après son meurtre, du courrier conservé dans une mallette a disparu. “Pas au courant.”

Wachtelaer dit vivre d’une petite retraite. Il tient une forme physique incroyable. Chez lui, deux photos encadrées de Hitler. Sur le buffet, des livres et des objets liés à la symbolique druidique. Encore qu’il tienne à préciser : “On ne dit pas druide, mais godi. Druide, c’est celte. Godi, l’équivalent païen germanique. Je suis Godi Forseti. J’ai célébré des mariages en tenue druide.”

On y découvre également des ouvrages sur les bombardements par les Alliés de Dresde et Hambourg. En 1944, lui était à Hambourg. Il avait 10 ans. Herman Wachtelaer dit aussi qu’il ne se cache pas. “Je sais ce qu’on pense de mes opinions. Pas grave : je les assume.”

Revenant sur les fouilles, il traite les enquêteurs de “toqués” , de “mafts” (en bruxellois.) “Qu‘est-ce qu’ils veulent ? Je ne sais rien sur les tueries. Qu’est-ce qu’ils imaginent ? La seule chose qui s’est dite à l’époque est que Michel L. en aurait fait partie. Je l’ai viré d’Yggdrasil. Ils perdent leur temps à Haecht. Et combien ça coûte ?”



© La Dernière Heure 2012