"La légitimité d'un Etat se mesure à sa capacité d'assumer avec efficacité ses missions régaliennes"


BRUXELLES Un haut fonctionnaire policier français met en cause les autorités belges pour leur "incapacité à remplir leurs missions", un jugement porté dans la préface d'un livre sur les "tueries du Brabant" perpétrées en Belgique il y a une trentaine d'anées.


"La légitimité d'un Etat se mesure à sa capacité d'assumer avec efficacité ses missions régaliennes", écrit Julien Sapori, commissaire central de Maubeuge (nord), en préface de "L'histoire vraie des tueurs fous du Brabant" à paraître le 11 octobre à La Manufacture de Livres. "Or, depuis une trentaine d'années, l'histoire judiciaire de la Belgique est une succession d'échecs", ajoute le commissaire citant cette affaire mais aussi celle du pédophile et meurtrier d'enfants belge Marc Dutroux.

M. Sapori stigmatise "l'incapacité des forces de l'ordre et de la justice du 'plat pays' à remplir convenablement leurs missions", la qualifiant de "consternante". "La suppression en 2001 de la gendarmerie royale" en Belgique "fut incontestablement une des conséquences du fiasco judiciaire de l'enquête sur les tueurs du Brabant", écrit encore le commissaire de Maubeuge, ville du nord de la France où a débuté en 1982 l'équipée des tueurs du Brabant.

Plus de vingt-sept ans après les faits, la justice belge a tenté en février dernier de relancer l'enquête sur les "tueries du Brabant", une des affaires les plus mystérieuses de l'histoire criminelle du pays. Cette série de braquages sanglants qui ont ébranlé la région belge du Brabant wallon au début des années 1980 n'a jamais été élucidée.

Les auteurs du livre, Michel Leurquin et Patricia Finné, fille de l'une des 28 victimes attribuées aux tueurs, retracent l'histoire et les ratés dans ce "crime inexpliqué" et "impuni" qui "provoque chez tout un chacun un sentiment d'injustice". C'est, écrivent-ils, un "véritable Hiroshima judiciaire".

© La Dernière Heure 2012