Les enquêteurs, qui viennent de lancer un nouveau site Internet, la comparent aux banques de données

CHARLEROI “Un combat perdu d’avance est un combat qu’on ne mène pas.” En charge de l’enquête sur les Tueries du Brabant, la juge d’instruction carolo, Martine Michel, a tenu à exprimer toute sa motivation aux familles des 28 victimes présentes ce lundi, lors de la rencontre avec la cellule de Jumet.

Six ans après la dernière réunion, le procureur du roi Christian De Valkeneer, Mme Michel et la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, ont réaffirmé leur volonté d’élucider l’une des plus mystérieuses affaires criminelles belges. “La nouvelle équipe d’enquêteurs est composée de personnes chevronnées, qui auront un regard neuf sur le dossier, sans faire table rase du passé”, a déclaré la juge d’instruction. “Nous utilisons actuellement toutes les techniques scientifiques et toutes les méthodes d’investigations particulières possibles. Un profil ADN masculin a ainsi été isolé sur une pièce à conviction repêchée dans le canal à Ronquières, au lieu-dit le Large du Fauquez, après le massacre d’Alost de 1985. Il est actuellement en cours d’analyse, via les banques de données belges et européennes, et pourra être comparé aux prélèvements effectués sur nos suspects.”

Pour l’heure, c’est bien la piste de l’extrême droite qui est suivie. Les éléments récoltés lors des dernières perquisitions sont actuellement analysés. De nombreuses auditions sont en cours.

Les enquêteurs comptent également sur de nouveaux témoignages qui pourraient découler de la mise en ligne du site Internet www.killersbrabant.be. Celui-ci retrace les différents faits, en établissant les liens entre eux. On y montre également les pièces à conviction et six portraits-robots. “Une prime de 250.000 euros est toujours offerte par Delhaize à tout informateur pouvant faire avancer l’enquête significativement” , a ajouté Martine Michel.

Le procureur du Roi, lui, a réfuté la rumeur selon laquelle des pistes issues du profiling effectué par l’experte Danièle Zucker avaient été négligées. “Une facture de 56.000 euros pour un rapport de 70 pages, dont les conclusions sont imprécises, c’est quasi de l’escroquerie” , a-t-il lancé. Quant à la question de la prescription, qui prendra cours le 10 novembre 2015, la ministre de la Justice s’est montrée ouverte à la discussion, même si “le plus important, actuellement, consiste à élucider l’enquête” .



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