Double assassinat de Rabat : surpris dans son sommeil, le couple a été tué dans sa chambre, de plusieurs coups de couteau

RABAT Outre la voiture, un décodeur numérique a été volé chez le couple assassiné la nuit de dimanche à lundi dans le quartier résidentiel Hay Riad à Rabat. Pour autant, aucune source officielle ne confirme l’information de la Stampa, selon laquelle notre compatriote Ariane Lagasse de Locht, 35 ans, de Bruxelles, et son mari Alessandro Missir di Lusignano, 39 ans, auraient tous deux été tués à la machette. Les autorités se contentent de parler d’un double assassinat “à l’arme blanche”. Les victimes portaient leurs vêtements de nuit.

Ariane se trouvait dans le lit. Son mari, qui a voulu la protéger, a été tué dans la chambre à coucher. Son corps gisait à terre. Le drame a été découvert lundi matin par Amadeo, 10 ans, l’aîné des quatre enfants du couple. Celui-ci avait quitté Bruxelles il y a trois semaines pour une mission de quatre ans à Rabat. Fonctionnaire international exceptionnellement brillant, Alessandro prenait la direction de la section en charge des affaires économiques et commerciales, de la presse, de l’information, de la culture et de la communication de la délégation de la Commission européenne au Maroc. En attendant un logement définitif, le couple occupait une habitation typique rue Lalilc à Hay Riad. Hier soir, on apprenait qu’un gardien et le jardinier étaient interrogés au titre de témoins.

Du jardinier, on précisait déjà qu’il n’était pas sur place à l’heure présumée du drame qui a dû être extrêmement rapide. Comment s’est-on introduit dans la villa ? En pleine nuit dans un quartier si calme, comment aucun voisin n’a-t-il rien entendu ? Dimanche soir, quelques heures avant la tragédie, Alessandro Missir avait téléphoné à sa maman, Anne Sintobin, en Belgique, pour l’assurer que tout allait pour le mieux. Ariane avait téléphoné aux siens vendredi soir. Elle avait parlé d’une ville de toute beauté. Les enfants s’acclimataient rapidement. Le chauffeur de la délégation qui les déposait à leur nouvelle école avait un réel plaisir à leur faire découvrir la beauté de Rabat. Ils devaient passer le week-end chez des amis brésiliens ou espagnols.

Faire connaissance : c’est une expérience que le couple connaissait pour l’avoir déjà pratiquée à Boston et à Varsovie où il avait vécu et où sont d’ailleurs nés les aînés de leurs quatre enfants, Amadeo et la petite Giustina, 8 ans. Les jumeaux, Filiberto et Tommaso, sont nés eux à Bruxelles où papa participait au projet d’adhésion de la Turquie à l’Europe, projet auquel il était favorable.

Hier, les parents d’Ariane se sont envolés pour Rabat. Ils espèrent faire rapatrier les dépouilles encore cette semaine. Leur fille Ariane, une femme remarquable, était leur aînée dans cette belle famille, unie et soudée, de cinq filles et plusieurs beaux-frères. Ariane avait accompli ses humanités à la Vierge fidèle. Elle avait poursuivi une licence de criminologie à l’UCL. La médecine légale l’attirait.

Hier, le rédac chef d’un média local nous dit que le vol ne serait plus la seule piste suivie par le SRPJ de Rabat. “On se pose beaucoup de questions. Rabat est une ville administrative calme. Depuis des années comme rédacteur en chef, je ne me souviens plus d’un seul meurtre d’Occidental.” N’a-t-on pas cherché à maquiller en meurtres crapuleux pour dissimuler un autre mobile ? Hier soir, aucun suspect n’était interpellé. La police scientifique était sur place. Le quartier grouillait de policiers.