Faits divers

Ancien procureur du Roi de Charleroi, l’actuel procureur général de Liège Christian De Valkeneer revient dans le dossier des Tueries du Brabant et sauf incident, sera le procureur général qui accompagnera le dossier jusqu’à la prescription qui interviendra le mardi 10 novembre 2015.

C’est une décision d’Annemie Turtelboom : la ministre de la Justice a signé un arrêté ministériel dit de délégation autorisant le procureur général de Liège d’exercer les mêmes fonctions à Mons uniquement pour ce dossier.

La ministre veut faire face au départ du procureur général de Mons : il fallait un haut magistrat pour remplacer le PG Claude Michaux admis à l’éméritat le 1er septembre prochain.

Et les choses n’ont pas tardé : dès avant-hier, Christian De Valkeneer a réuni l’enquête avec la juge d’instruction Martine Michel qui donne tout pour que ce dossier aboutisse; le procureur du Roi de Charleroi Pierre Magnien; le directeur judiciaire de Charleroi Jean-Luc Duterme qui, jeune officier de gendarmerie, s’occupait déjà des Tueries dans les années 1980, et le commissaire chef d’enquête Gilles Quinet qui est une référence à la police belge.

Contacté par la DH, Christian De Valkeneer précise qu’il "n’est pas de retour à la manœuvre pour de la figuration".

Parlant d’"acharnement", il admet ne pas comprendre les critiques qui fusent ces derniers temps contre l’enquête et sont selon lui "totalement injustes et injustifiées tant en ce qui concerne la juge d’instruction qu’en ce qui concerne les enquêteurs".

Le procureur général s’interroge : ces attaques virulentes ne masquent-elles pas une volonté de déstabilisation de l’enquête ?

Sans répondre sur le fond, Christian De Valkeneer n’accepte pas les polémiques qui enflent sur le fameux rapport de l’INCC (DH de jeudi) depuis hier, la lettre très critique de l’ancien juge d’instruction de Termonde Freddy Troch (DH de vendredi). "J’ai quitté le parquet de Charleroi il y a 15 mois. Quinze mois plus tard, je retrouve une enquête qui n’a pas faibli", poursuit le désormais procureur général Tueries du Brabant wallon.

Une douzaine d’hommes enquêtent, selon Christian De Valkeneer, "tous très expérimentés sur le plan professionnel comme le sont des hommes ayant derrière eux de 25 à 30 ans d’expérience du travail policier, et plus que jamais motivés. […] Ils n’acceptent pas l’image donnée d’eux : je tiens à le faire savoir."

Et il ajoute: "L’enquête en cours n’est ni une enquête de routine ni une enquête de clôture, mais une enquête dynamique."

Quant à la seule question qui compte et nous anime : reste-t-il un espoir d’élucider ces 28 assassinats, Christian De Valkeneer nous répond : "Il y a encore du gras."