Faits divers

À la retraite, il se définit comme un "ancien enquêteur de Nivelles" . À sa demande, nous conserverons son anonymat.

Il sort de sa retraite à la lecture d’un article de la DH publié le 14 septembre sur des indications de l’avocat Graindorge, selon lequel deux anciens officiers dirigeants du SDRA (les services de renseignements de l’armée belge) ont refusé de témoigner dans l’enquête sur les tueries du Brabant et répondre aux questions de la juge en charge, Martine Michel. Cet article amène notre enquêteur à la retraite à réagir.

"Dans les années 1990, j’ai été contacté par un membre du SDRA qui souhaitait me faire des révélations concernant les enquêtes Brabant wallon. J’ai attendu que ce monsieur reprenne contact, ce qu’il n’a pas fait. Quelque temps après, j’ai appris son décès. Sa mort était présentée comme un suicide. Je n’en ai jamais su plus. Il avait le grade de commandant et, dans la conversation, j’ai le souvenir qu’il m’a dit habiter en Brabant wallon, je pense du côté de Jodoigne.

"C’est lui qui avait pris l’initiative de me contacter. Il y avait eu des articles dans la presse où mon nom était cité comme "m’occupant du Brabant wallon". Il m’a téléphoné à mon service. Cela a été court : "J’aimerais vous rencontrer. J’ai des choses à dire pour le Brabant wallon." J’étais intéressé et le lui ai dit. Ce n’était pas anonyme. Il m’a communiqué son nom et son prénom en précisant qu’il travaillait au SDRA. Il reprendrait contact. Il ne l’a pas fait. Et j’ai appris plus tard qu’il s’était suicidé."

Notre interlocuteur n’aurait pas réagi aujourd’hui s’il n’avait appris à travers cet article : "Tueries du Brabant, des témoins refusent de parler" paru en septembre, que le SDRA des années 1980 paraît intéresser la juge Mme Michel.

Malgré l’insistance , il refuse, et refusera, que son identité apparaisse. C’est un enquêteur dirigeant que nous connaissons depuis les années 1980 et pour l’avoir pratiqué dans la durée, jamais en trente ans il n’a prononcé un mot qui n’ait été réfléchi. C’est une démarche réfléchie. "L’entretien avec cet officier du SDRA, que je n’ai finalement jamais rencontré, a duré tout au plus une minute et demie : nous devions nous rencontrer, j’attendais qu’il reprenne contact."

Totalement effacée de son esprit parce que le SDRA n’avait pas il y 20 ans un intérêt particulier, cette minute et demie remonte aujourd’hui dans ses souvenirs, et visiblement le tracasse visiblement.

Si l’on accole les morceaux, cela devient que : quelqu’un qui l’avait choisi pour lui parler du Brabant wallon est mort avant d’avoir parlé. Et ce quelqu’un militaire au SDRA disait appartenir à ce service dont deux dirigeants aujourd’hui âgés, un lieutenant général et un lieutenant-colonel, n’ont pas souhaité, malgré le temps écoulé, répondre aux questions du juge d’instruction en charge des tueries du Brabant.

Pour autant, notre interlocuteur précise qu’il n’a plus les moyens d’évaluer l’intérêt de ses infos. Ce qu’il souhaitait, c’est "faire passer le message" et s’éclipser.

Le voilà déjà qui s’en va. Sa haute silhouette s’éloigne. L’identité de l’officier du SDRA mort il y a vingt ans est connue de nous.