L'agresseur a été suspendu de l'école qu'il fréquentait, avec la victime. Tyvano, de son côté, n'ose plus y remettre les pieds. La police a ouvert une enquête.

Les images font le tour des médias flamands ce vendredi, alors que le harcèlement scolaire est plus que jamais au coeur des débats en Belgique. Des images où l'on aperçoit Tyvano, 14 ans, victime d'une agression violente sur le chemin du retour de l'école. Des faits commis par ses congénères.

Nous sommes mercredi après-midi, dans une ruelle abandonnée derrière la gare de Roulers. Tyvano, atteint de troubles mentaux légers (il souffre de TDAH, trouble du déficit de l'attention), âgé de 14 ans et originaire d'Izegem, y a été violemment frappé par trois jeunes hommes. Après que la vidéo ne soit devenue virale, la police locale a pris des mesures et ouvert une enquête.

"Mon frère est légèrement autiste et souffre d'un trouble de TDAH", explique à nois confrères du Laatste Nieuws et du Nieuwsblad Stefanie (31 ans), soeur de la victime. "Les auteurs ont pris son téléphone portable et l'ont attiré dans une ruelle déserte derrière la gare. Il y a été frappé et roué de coups de pied, apparemment par un garçon de 18 ans qui aime rechercher des victimes sans défense et les faire tourner en vidéo. Avec ces films, il se vante de ses techniques de combat. Apparemment, il existe même des groupes privés où ces films sont partagés", déplore la grande soeur de Tyvano.

"J'espère que les auteurs n'échapperont pas à leur sanction"

Depuis l'agression subie, Tyvano n'ose plus mettre les pieds à l'école. "Il a trop peur", poursuit sa sœur. "De plus, son estomac, où il a reçu des coups, le dérange". J'essaie de rassurer Tyvano et de le convaincre que les auteurs n'échapperont pas à leur sanction et que la police fera son travail."

Des menaces ont également été proférées à l'endroit du jeune homme ainsi qu'à sa famille, qui a carrément reçu un vidéoclip montrant une arme, un Glock.

© RS/HLN

L'école prend des mesures, la police aussi

Pas d'inactivité des autorités et de l'établissement scolaire fréquenté par Tyvano dans ce dossier : même sans plainte, nous aurions ouvert une enquête",a assuré Carl Vyncke de la zone de police de Riho à nos confrères néerlandophones. "Nous avions déjà vu la vidéo sur les réseaux sociaux. Cela suffit pour lancer une enquête de notre propre initiative. Nous n'avons aucune connaissance des combats systématiques dans des ruelles éloignées, mais cela fera également l'objet d'une enquête."

La victime et l'un des auteurs sont scolarisés à BuSo Sint-Idesbald à Roulers. La direction a agi, face à un incident "que nous regrettons bien sûr vivement", déclare le directeur de l'institution, Gerrit De Molder. "Nous sommes entrés en contact avec les parents de l'agresseur et de la victime et avons. À titre préventif, le conseil de classe a décidé de suspendre temporairement l'agresseur. La victime et ses parents sont tenus informés de chaque étape. Nous ferons également tout ce qui est en notre pouvoir pour que la victime se sente à nouveau en sécurité. En tant qu'école, nous nous sentons également responsables de ce qui se passe avant et après l'école."