Ce mouvement international né en 1943 en Italie, qui prêche l'Evangile et un message d'unité, revendique une présence dans 180 pays et 2 millions d'adhérents, dont 2.000 membres en France, souvent au sein de petites communautés de femmes ou d'hommes dits "consacrés".

Ses responsables avaient confié en décembre 2020 une enquête à un organisme indépendant - la société britannique GCPS Consulting - suite à des témoignages, dans des médias français, de victimes d'un ex-membre consacré, "JMM".

Le rapport "conclut que JMM était un abuseur d'enfants prolifique et en série, responsable de multiples cas d'abus sexuels sur des enfants et de tentatives d'abus sexuels sur des enfants", tous de sexe masculin.

Il se base sur "des témoignages directs oraux ou écrits de 26 victimes" ainsi que "des informations dignes de foi mentionnant au moins 11 autres victimes", au total "des récits crédibles et corroborés (...) couvrant une période de plus de 30 ans (1963-1997)". Les enquêteurs ont reçu "la reconnaissance par JMM de certaines parties des allégations".

Dans les années 1990, suite au dépôt de plainte d'une victime en 1994, une instruction s'était terminée par un non-lieu, notamment pour cause de prescription, mais "JMM avait reconnu les faits", avait indiqué le Mouvement en 2020.

Lors d'un procès civil en 1996, il avait aussi reconnu les agressions mais pas une tentative de viol et avait été condamné en 1998 à la réparation des dommages, selon les Focolari.

Le rapport conclut que "JMM a bénéficié pendant des années d'un système qui le protégeait" et "que "le Mouvement des Focolari a systématiquement failli à sa responsabilité à l'encontre des victimes". "Une chaîne de responsables (...) tant en France qu'à Rome, n'a pas agi sur la situation de JMM", ajoute-t-il.

Dans un communiqué distinct du rapport, la présidente du mouvement, Margaret Karram, a exprimé mercredi "le choc et la douleur" ressentie "face au mal "infligé.

Le mouvement se dit prêt à "contribuer (...) au processus de reconstruction des victimes, y compris par une compensation financière", et les invite à se tourner vers la Commission de reconnaissance et de réparation (CRR), mise en place en début d'année.