Appartenant à la Sabena, il est resté une semaine à Lisbonne pour réparations

BRUXELLES Notre pays et les avions de notre compagnie nationale n'est heureusement presque jamais le théâtre d'accidents aéronautiques graves. Ce n'est pas pour autant qu'il ne se passe jamais rien. Il est vrai que l'Administration de l'aéronautique et la Sabena n'apparaissent pas en la matière comme des champions de la communication. Au contraire des Etats-Unis où le moindre incident aérien est immédiatement annoncé sur Internet, c'est presque toujours par la bande qu'on finit par prendre connaissance d'incidents qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques.

Ainsi apprend-on qu'il y a 3 mois, à l'aéroport de Lisbonne, un tout nouvel Airbus A 321 de la Sabena, immatriculé 00.SUC, a raté son atterrissage et a effectué un tail strike. `L'avion a plié sa queue, nous expliquait hier une source fiable. Pour une raison qui nous échappe, alors qu'on nous prétend qu'un tail strike ne peut pas arriver sur Airbus où tout est commandé par ordinateur, les deux jeunes pilotes ont effectué l'atterrissage en manuel: le nez est monté trop haut et la queue trop bas.´ Le porte-parole de la Sabena confirme l'incident tout en précisant que l'expérience des pilotes n'est pas en cause et que la sécurité des 180 passagers n'a jamais été menacée. `On sait que les tail strikes sont parfois dus à de petites turbulences au sol, causées par des différences thermiques, comme c'est le cas à Lisbonne, des turbulences qui ont pour conséquence de plaquer l'avion au sol, l'arrière réagissant plus fort à ce phénomène.´ Il n'empêche: le précieux Airbus a dû rester à terre une grosse semaine pour qu'on y effectue les réparations nécessaires.

Un mois plus tard, un nouvel incident survenait au-dessus de Bruxelles, à hauteur du complexe de la RTBF, alors qu'un avion de la Sabena décollait de la piste 25 droite et tournait à gauche vers Woluwe et qu'un avion de la Lufthansa s'apprêtait à atterrir sur la piste voisine, la 25 gauche. `L'avion de la Lufthansa a raté son atterrissage´, nous expliquait hier un spécialiste. `Il a voulu atterrir trop vite´, confirmait la Sabena qui a précisé que la tour de contrôle lui avait alors imposé de faire un go around (recommencer son approche). C'est en effectuant celle-ci que le pilote allemand est entré dans l'enveloppe de l'avion de la Sabena, un espace de sécurité dans lequel aucun autre avion ne peut pénétrer sans risque de causer un accident. A la Sabena, on tient à préciser qu'il n'y a jamais eu de risque de collision, les deux avions se trouvant encore à 2 km l'un de l'autre. En attendant, l'événement a été considéré comme suffisamment sérieux pour amener l'administration à modifier la hauteur de décollage sur la 25 droite. De manière qu'un tel incident ne se produise plus même en cas de go around.