Il avait approché de jeunes footballeurs et leur avait promis des contrats avec les meilleurs clubs en échange de faveurs sexuelles. Il y a dix-sept victimes. Avant que Jolan F. ne soit l'éphémère directeur sportif du KSV Roulers, aujourd'hui en faillite, l'été dernier, il avait été entraîneur dans divers clubs de football. Une position dont il a profondément abusé, selon le procureur. Il aurait approché plusieurs joueurs avec la promesse qu'il pourrait réaliser leurs rêves en leur obtenant un contrat professionnel. Mais il devait y avoir quelque chose en retour.

La première plainte a été déposée en juin 2020. Après analyse du téléphone portable et de l'ordinateur du prévenu, les enquêteurs ont découvert d'autres victimes, approchées via les réseaux sociaux. En plus des contrats professionnels, il a également offert aux garçons une Playstation, un téléphone portable ou de l'argent en échange d'un baiser, d'attouchements ou autres faveurs sexuelles.

Jolan F. est poursuivi pour agression sexuelle, obtention de faveurs sexuelles d'un mineur en échange d'un avantage, prise de contact en ligne et harcèlement. Le dossier pénal mentionne 17 victimes, âgées entre 13 et 18 ans.

Le prévenu conteste six chefs d'accusation et reconnaît le reste. Il est actuellement traité par un psychiatre. "Il y expose le côté le plus sombre de son âme, car il veut être aidé. Aucune caractéristique éphébophile ou pédophile n'a été identifiée en lui. Il a plutôt agi à partir d'une toute-puissance narcissique, qui l'a fait dérailler", a déclaré son avocate Issabel De Fré, laquelle a plaidé pour une peine assortie d'un sursis et liée à des conditions. "La thérapie est le seul moyen utile. C'est la seule chose qui peut réduire le risque de récidive. Mon client a 25 ans, il ne faut pas l'abandonner. Il sait ce qu'est le sentiment de culpabilité".

"Je suis désolé. Je réalise que j'avais tort et j'espère que ces mots pourront être le début d'une guérison", a dit Jolan F., en s'adressant aux victimes dans la salle. "Je suis coupable des faits les plus répréhensibles. J'ai honte et maintenant j'essaie, par la thérapie, de trouver une réponse à la question de savoir comment cela a pu arriver. Je veux juste demander au tribunal une chose: assurez-vous que je ne doive pas arrêter ma thérapie, car cela me permettra d'avoir des perspectives".

Le jugement est attendu le 31 mars.