Faits divers

Jean-Michel Sinte est le porte-parole de l’ASBL Sativa, qui devrait inaugurer prochainement son social Cannabis Club. De quoi relancer le débat autour de la substance.

Qu’est-ce qu’un cannabis social club et comment celui de Namur est-il né ?

"Il s’agit d’un club dont les membres font la culture commune de cannabis pour leur consommation personnelle. Cela existe depuis 12 ans, on compte 800 clubs de ce type en Europe. Leur objectif est avant tout de susciter le débat. En Belgique, les plus importants existent à Anvers et Hasselt, il y en a un à Liège. Mon frère et moi sommes originaires de Namur et il a eu l’idée de lancer cette structure en novembre. Cela s’est fait sous la forme d’une organisation à but non lucratif, qui s’appelle Sativa et dont les statuts ont été approuvés par le greffe du tribunal."

Combien de membres comptez-vous ? La production a-t-elle déjà débuté ?

"Nous comptons à l’heure actuelle une cinquantaine de membres, qu’il s’agisse de politiciens, de médecins, d’artistes,... Près de 1.500 personnes seraient intéressées de rejoindre le club. Nous possédons 16 plants. Aucune récolte n’a encore été réalisée à ce stade. Le principe est simple : chaque membre verse une cotisation annuelle de 25 €, le tout se fait dans l’anonymat. Nous faisons constater chaque récolte par un huissier puis tout est redistribué. Les surplus sont détruits, les bénéfices serviront à aider des associations. Nous vendons à 6 € le gramme, soit la moitié du prix du marché."

Quels sont vos objectifs ?

"Nous voulons avant tout susciter le débat : 300.000 personnes consomment du cannabis en Belgique. Tout en jouant un rôle de prévention et d’information, notre structure permettrait de réguler le marché noir et de garantir des substances de bonne qualité car nous cultivons bio, ce qui n’est pas le cas en rue. Cela peut réellement développer une économie sociale : 3 emplois par 50 membres sont nécessaires. La présence d’un psychologue ou d’un assistant social dans un club privé est envisagée."

Est-ce bien légal ?

"La directive ministérielle prévoit qu’une personne peut se balader avec un maximum de 3 grammes sur elle et qu’elle peut détenir un plant de cannabis pour son usage privé. Mais rien n’existe en ce qui concerne ce que nous faisons, à savoir de la culture en commun. Il y a donc un vide juridique à combler à ce niveau. Nous sommes pour une dépénalisation de la consommation et de la culture en commun. Nous sommes ouverts à un moratoire, sur une période de 5 ans, avec pourquoi pas des projets pilotes comme le nôtre. Nous avons informé le bourgmestre de Namur et le procureur du Roi de notre démarche."